L’Udps s’épaissit et se dépèce

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L’Union pour la démocratie et le progrès social (Udps) traverse un mauvais temps de fortes turbulences qui risquent de provoquer un crash. Les ambitions démesurées, les appétits, l’exclusion, le non-respect des textes légaux et la gloutonnerie des uns et des autres mettent en mal la quiétude au sein du parti du Sphinx de Limete.

En refusant de partager les butins équitablement entre les vaillants combattants, le leadership de la fille aînée de l’opposition s’effrite et dilue. Parti de masse, l’Udps n’a pas su capitaliser ses chances et opportunités. C’est une équipe infime qui jouit et se réjouit au détriment de la majorité.

Les cofondateurs encore en vie sont écartés, les pionniers, ces figures de proue qui ont donné le meilleur d’eux pour la survie du parti de feu Étienne Tshisekedi, sont considérés comme des personna non grata. Pourtant, nul n’ignore les sacrifices consentis par ces cadres.

Le jeudi 12 mars 2020, les combattants ont manifesté devant le siège de leur parti, situé à la 11e rue Limete. Ils exigent l’annulation de toutes les décisions qu’ils qualifient d’«  illégales » et contestent la décision dégommant Jacquemin Shabani de ses fonctions de président de la Commission permanente électorale du parti. Jacquemin, ce juriste légendaire qui s’est battu des années durant en plaidant la cause des combattants arrêtés et mis en prison sans un frais du parti. Ce combattant de première heure allait chaque jour à la prison de Makala et dans tous les cachots défendre gratuitement et bénévolement les dossiers des membres du parti arrêtés en cascade. Jacquemin Shabani est ce Secrétaire général de l’Udps qui était au front, qui prenait le devant de la scène dans chaque marche pacifique, réprimée dans le sang par le régime précédent. Shabani a dû braver le danger au plus fort des dictatures, ce disciple d’Étienne Tshisekedi était toujours là. Il est celui qui a tout fait pour qu’une solution négociée soit trouvée à l’amiable à la crise qui secoue ce parti depuis la mort de de Wa Mulumba.

Aujourd’hui, Jacquemin est remercié comme un simple vendeur de  petits pains. « Une humiliation de plus », regrette-t-il sur son compte twitter.

 Ils sont en nombre

Shabani n’est pas le seul à être écarté de la gestion du parti, en dépit des services loyaux rendus. Alexis Mutanda, lui aussi Secrétaire général honoraire, celui-là même qui avait donné sa résidence de Limete comme siège de l’Udps pendant treize ans, avant de voir une milice du parti brûler cette permanence. Alexis Mutanda est aujourd’hui écarté de la gestion et n’a pas droit au chapitre ni dans les ministères, ni dans les entreprises. L’opinion se souviendra que Mutanda Ngoy Mwana a dépensé son argent, des millions de dollars, de 2007 à 2010, pour redynamiser le parti déchiré par de fortes dissensions pendant que Tshisekedi était malade en Belgique.

Maître Jean-Joseph Mukendi wa Mulumba, ce bâtonnier d’un art oratoire hors pair, qui parle de lui? Est-il moins entreprenant que ceux qui dirigent le parti aujourd’hui par « défis »? Valentin Mubake est parti parce que ne voulant pas cautionner le mensonge. Les cadres les plus actifs, intelligents et véloces sont considérés comme gênants, et donc écartés et ensevelis. Pourtant, l’Udps au pouvoir avec ces hauts cadres cités et omis, elle n’aurait pas besoin de partenaires pour gérer le pays, elle n’assisterait pas à l’amateurisme vécu aujourd’hui.

Le leadership actuel est sujet à contestation. Il a organisé le 38e anniversaire et aucun membre de la famille biologique d’Étienne Tshisekedi n’était au stade, alors que tout le monde identifie ce parti au Lider Maximo. L’absence de la famille Tshisekedi à cette grande fête, est un message en communication. Ça veut dire que le leadership actuel pose problème.

Le parti au pouvoir fait aujourd’hui objet des critiques acerbes pour sa gestion de la res publica. Elle est victime des complots de ses partenaires. Au lieu de réunir les têtes pensantes du parti et former une cellule stratégique d’études pour anticiper les événements, les dirigeants se livrent plutôt aux coups bas, au dénigrement d’autres cadres, à la corruption des combattants pour légitimer leurs sales besognes. Ils sont préoccupés par l’enrichissement, oubliant d’assurer leurs arrières, même s’ils sont conscients de leur position éjectable.

 Halte à la division

Parlant des incidents du jeudi 12 mars à la Permanence du parti où le secrétaire national en charge de sécurité a été tabassé et brûlé au 3ème  degré, le secrétaire général de l’Udps voit des voyous recrutés à Mombele pour l’agresser. Il estime que tous les organes du parti sont illégitimes, et donc leurs animateurs ne peuvent participer au congrès électif. Mais il ne dit pas ce qu’il compte faire pour régler cette question qui prend des allures de l’activisme de beaucoup des milices au sein du parti présidentiel.

Les déclarations intempestives n’ont pas leurs raisons d’être. Ça ne sert à rien de marginaliser ceux qui ont lutté aux côtés de Mbuta Étienne. Ce dernier a des larmes qui ne sèchent pas dans l’autre monde, en voyant comment son héritage est géré aujourd’hui. Si seulement il pouvait parler.

L’heure est grave. Les combattants réclament un congrès électif. En d’autres termes, ils veulent de nouveaux dirigeants. Il faut les écouter comme on les écouta après Genève, dans l’épisode Fayulu-Félix. C’est ça la démocratie. L’autorité morale doit intervenir avant que l’irréparable n’arrive. Il doit sauver l’héritage de son père. Sans quoi, le parti au pouvoir ne saura bien terminer son mandat et prétendre conserver le pouvoir. « On bat le fer tant qu’il est chaud », dit-on. Il y a de hauts cadres écartés mais, qui n’ont pas créé leurs partis politiques. Ces gens méritent mieux.  Il n’est jamais trop tard pour mieux faire.

 Edo Bamu

Une pensée sur “L’Udps s’épaissit et se dépèce

  • 14 mars 2020 à 21 h 48 min
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    Le comble pour la majorite des noirs et les congolais en particulier, est de penser qu’on ne peut consever le pouvoir que quand on se entourer des competants. La peur de faire eclater ses lacunes et de perdre son poste. C’est ce qui arrive aujourd’hui a l’UDPS. Deux incompetants a la tete du parti que faut-il attendre de bon? Mukoko est recrute a l’UNC demain ca sera pasteur guili, Julea ou Shole. c’est le bilan de Kabund – Kabuya.

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