La France confinée face à l’épidémie de coronavirus

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67 millions de Français sont entrés mardi 17 mars 2020, à midi, dans un confinement totalement inédit dans l’histoire de l’hexagone pour faire face à l’épidémie de coronavirus contre laquelle le président Français, Emmanuel Macron, a décrété «  la guerre ».

Pendant au moins deux semaines, l’ensemble de la population est appelée à rester chez elle sous peine d’amendes, nonobstant le personnel de santé ou les forces de l’ordre.

La France bascule ainsi dans une ère totalement nouvelle, après que le président Macron ait martelé à plusieurs reprises, dans une intervention télévisée suivie par plus de 35 millions de personnes : « Nous sommes en guerre contre la maladie à coronavirus 2019 ».   

La principale annonce faite par le président français est le confinement, même s’il n’a pas prononcé le mot. C’est le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, qui a précisé les choses en appelant les Français à se comporter en  « alliés de guerre » en respectant « un mot d’ordre qui sauve des vies : restez chez vous ». 

Les mesures relatives au confinement sont les plus strictes d’Europe. 100.000 policiers et gendarmes sont déployés sur tout le territoire pour veiller au respect des règles du confinement. Pour rappel, depuis la semaine dernière, toutes les activités collectives sont interdites.

Situation « très tendue »

Face à la propagation exponentielle du coronavirus, couramment appelée COVID-19, toutes les personnes qui circuleront devront être « en mesure de justifier leur déplacement », a souligné Christophe Castaner, au risque de se voir infliger une amende actuellement de l’ordre de 38 euros, bientôt portée à 135 euros pour ceux qui ne respecteraient pas les restrictions de déplacement.

Les déplacements tolérés sont ceux qui sont nécessaires notamment pour activité professionnelle, pour effectuer des achats de première nécessité dans des établissements autorisés, pour motif de santé, pour motif familial impérieux, pour l’assistance aux personnes vulnérables ou la garde d’enfants et les déplacements liés à l’activité physique individuelle (à proximité du domicile).

«On est parti pour au moins deux semaines de confinement collectif. On sait que c’est une période qui est nécessaire pour bloquer la circulation du virus. Et si dans 15 jours nous voyons que la situation s’est suffisamment apaisée, et que nous pouvons lever tout ou une partie des mesures de confinement, nous le ferons », a affirmé le ministre de la Santé, Olivier Véran.

Sur le plan sanitaire, la situation est «  très tendue » dans certaines régions comme le Grand Est a reconnu Olivier Véran. D’où des mesures comme le déploiement d’un hôpital de secours par l’Armée en Alsace ou l’envoi d’hélicoptères pour transférer certains malades vers d’autres sites afin de décharger les hôpitaux qui sont au bord de la saturation.

Il importe de noter que ce virus est désormais présent dans toutes les régions de France métropolitaines et dans cinq régions d’Outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, Mayotte). 

Depuis mardi midi, la propagation du virus a déjà touché 7730 personnes en France. 2579 cas graves sont hospitalisés, 699 sont en réanimation et 175 sont décédés. Le nombre de cas double dorénavant tous les trois jours.  

Récession attendue

Compte tenu de cet état de « guerre », toutes les réformes, notamment celle des retraites, très controversée,  sont « suspendues », a déclaré Emmanuel Macron.

Et face à la récession économique qui se profile, le gouvernement va desserrer les cordons de la bourse. Le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, qui s’attend à une chute de 1% du PIB cette année, a ainsi annoncé que le gouvernement allait mobiliser de manière « immédiate » 45 milliards d’euros, notamment via le report du paiement de toutes les charges fiscales et sociales dues par les entreprises.

Un fonds de solidarité de 1 milliard d’euros minimum va en outre être institué  pour aider les petites entreprises. Et le gouvernement n’exclut pas de recourir à des nationalisations « si nécessaire ».

Pour éviter une multiplication des faillites, l’État va se porter garant des prêts accordés aux entreprises à hauteur de 300 milliards d’euros. Les loyers et les factures d’eau, de gaz et d’électricité « devront être suspendus » pour les plus petites entreprises qui rencontrent « des difficultés », a également annoncé le président Macron.

Le second tour des élections municipales serait reporté, après un premier tour, le dimanche 15 mars 2020, marqué par une abstention record.  Le premier ministre, Édouard Philippe, a proposé la date du 21 juin prochain. Ce report ne concernera pas les maires élus dès le 1er tour dans 30.000 des 35.000 communes de France. 

Robert Kongo, correspondant en France

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