Coronavirus : conscientiser ou brutaliser ?

Partager
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Soumis au matraquage de la désinformation dans les quartiers populaires de Kinshasa, plusieurs trentenaires continuent de semer le doute dans leur entourage sur l’existence du coronavirus et ses ravages. Ils ont une telle puissance de persuasion que les teenagers et les personnes du troisième âge, généralement analphabètes, succombent à la manipulation.

Peut-on, dans un tel environnement, attendre de la population la collaboration face aux mesures de prévention individuelle et collective décrétées par le gouvernement ? C’est improbable.

Cette observation est faite pour la capitale, qui est abondamment arrosée par divers médias audiovisuels, écrits et numériques, aussi bien officiels que privés. Quel serait l’état d’esprit des habitants des provinces, des territoires, des secteurs et des villages face à une problématique dont, souvent, ils n’ont pas d’écho de la part des administrations locales ?

Il est un fait que la sensibilisation sur les mesures d’hygiène pour endiguer la pandémie peine à démarrer. Le comble, c’est que la police chargée de veiller à l’application desdites mesures sera tentée de tricher.

Alors que les autorités lui assignent la mission d’éducation des individus qui enfreignent le règlement, certains de ses éléments se livreront à des rackets. Aussi ne sera-t-il pas rare d’entendre les citoyens se plaindre de téléphones ravis, de porte-monnaie arrachés.

Le Kinois, en particulier, a ses centres d’intérêt. Le Coronavirus ne l’a pas perturbé tout de suite. Il appartient à l’État de le conscientiser sur la dangerosité de l’ennemi. Et, par conséquent, s’interdire de laisser policiers et militaires brutaliser les citoyens, fussent-ils délinquants. Sinon, ces violations des droits de la personne humaine dresseront les ONG spécialisées dans la défense de ces droits contre le gouvernement.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *