Virtuel report des élections en RDC : des difficultés se multiplient à Céni

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A une semaine des élections, la Céni n’a pas encore totalement bouclé toute la logistique électorale. Non seulement que toutes les machines à voter ne sont pas parvenues à leur destination finale, elle est dans l’attente d’une livraison des procès verbaux et des fiches des résultats en instance d’impression en Afrique du Sud où séjourne son président, Corneille Nangaa. S’il faut ajouter aux plus de 8.000 machines à voter parties en fumée jeudi dans son entrepôt de Kinshasa, les difficultés se multiplient au niveau de la Céni et laissent présager l’ombre d’un report.

Le Potentiel

Le 23 décembre 2018, jour prévu pour la présidentielle ainsi que les législatives nationales et provinciales arrive à grands pas. Dans quelques jours, sauf imprévu, plus de 40 millions de Congolais enrôlés par la Céni seront appelés à élire leur président de la République, 500 députés nationaux et 715 députés provinciaux à répartir dans les 26 Assemblées nationales.

Jusqu’à ce jour, la Céni reste confiante. Entretemps, à Kinshasa, un entrepôt de la Céni est parti en fumée, réduisant en cendres plus de 8.000 machines à voter destinées aux 19 communes de la ville de Kinshasa de même que d’autre matériel électoral. Ce qui, apparemment, n’aurait pas entamé le moral du président de la Céni, Corneille Nangaa.

A l’instar du conseiller principal du chef de l’Etat au collège diplomatique, Barnabé Kikaya, la Céni semble disposer d’une solution de rechange pour pallier une éventuelle carence de machines à voter. Ce qui cependant ne met pas la centrale électorale à l’abri.

Des sources autorisées, on apprend que la Céni est toujours en attente d’une commande des procès verbaux et des fiches des résultats qui seraient en cours d’impression en Afrique du Sud. Selon des chiffres officiels de la Céni, il s’agit d’un lot de 1.662.386 fiches, procès-verbaux de vote et de dépouillement.

Le compte à rebours

Le temps presse et Nangaa, son président, qui a fait la promesse de respecter l’échéance qu’il s’est fixée dans le calendrier électoral du 5 novembre 2017, continue à afficher un optimisme qui laisse pantois. Car, dans les faits, les difficultés se multiplient. Au-delà de 8.000 machines à voter, sans compter les isoloirs et autres gadgets électoraux que la Céni doit vite combler pour la seule ville de Kinshasa, les procès verbaux et les fiches des résultats de vote n’ont pas encore atterri dans différents entrepôts de la Céni. Pour le moment, des sources internes de la Céni rapportent que Corneille Nangaa a fait en urgence un déplacement en Afrique du Sud pour s’assurer de l’impression tous ces documents.

Dans l’hypothèse où la Céni serait en possession, probablement au courant de cette semaine de cette commande sud-africaine, elle devra surmonter un autre défi de taille, c’est-à-dire expédier tous ces procès verbaux et ces fiches des résultats dans les 75.563 bureaux de vote, 21.699 centres de vote et 179 centres locaux de compilation des résultats (CLCR) prévus sur l’ensemble de la République.

Interrogé dernièrement par BBC sur les moyens que la Céni entend mettre en oeuvre pour expédier en temps utile les ces fiches et autres procès-verbaux, Corneille Nangaa a plutôt botté en touche, se refusant à dévoiler sa stratégie.

Toujours est-il que le problème est bien réel. L’ombre d’un report des scrutins du 23 décembre 2018 n’est pas totalement dissipé. Bien au contraire, elle se raffermit au jour le jour.

A la Céni, on continue à relativiser. Tout récemment, son vice-président s’est félicité d’un nouvel apport de deux hélicoptères des Forces armées de la RDC destinés aux provinces des Nord-Kivu et Sud-Kivu. Ces appareils des forces aériennes de la RDC sont arrivés l’un à Goma et l’autre à Bukavu le 11 décembre 2018 afin de faciliter le déploiement du matériel électoral dans les sites inaccessibles des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Quand bien même le vice-président de la Céni se montrerait également optimisme en indiquant que tous les sites de vote seraient équipés dans les délais, le doute ne cesse de planer sur la logistique nécessaire pour la tenue effective des élections en moins d’une semaine.

Quid ? Le compte à rebours a donc commencé. Quoi qu’il en soit, le 23 décembre 2018, la Céni ne pourra pas se dérober. Le peuple qui a gardé son mal en patience depuis le premier glissement du cycle électoral en décembre 2016 a prouvé qu’il n’accepterait plus un nouveau report. Le 23 décembre est une date butoir. C’est la ligne rouge que la Céni ne devrait pas dépasser si elle veut rester crédible.