Après l’échec de Mende dans le Sankuru, le FCC glisse à petit pas dans le vide

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En 2018, le FCC a perdu la présidence de la République au profit du CACH de Félix Tshisekedi. Félin, il a rebondi en s’assurant une large majorité au Parlement et dans les assemblées provinciales. Sa chevauchée vient d’être stoppée net le weekend avec la perte du contrôle d’une province symbole, le Sankuru, que convoitait Lambert Mende, grand tribun du PPRD. Au FCC, c’est une pilule dure qui risque d’être au menu de l’élection du bureau définitif du Sénat le 27 juillet prochain. Bousculade, glissade avant… la dégringolade dans le vide.

Le Potentiel

Le Sankuru a finalement son gouverneur élu. Ce n’est pas Lambert Mende Omalanga, grand tribun du FCC, qui a été choisi. C’est sur Joseph-Stéphane Mukumadi que la population a jeté son dévolu. Pour Lambert Mende, c’est la désillusion. L’ancien ministre de la Communication de Joseph Kabila n’en revient pas. Son revers est aussi celui de sa famille politique, le FCC.

En effet, le FCC se remet difficilement de cette défaite. Elle est tellement amère, dans la mesure où elle arrive au moment où la plateforme politique de Joseph Kabila traverse une zone de très fortes turbulences suscitées par la fronde menée par l’AFDCA de Modeste Bahati Lukwebo.

Veillée d’armes au FCC

L’échec de Lambert Mende serait-il le signe avantcoureur du cataclysme qui s’abat sur le FCC ? Est-ce déjà le signe de la fin ? Dans les milieux politiques, on en parle sérieusement. Tout comme, au sein du FCC où la débâcle de Mende est retournée dans tous les sens pour en saisir la réelle portée politique.

En réalité, l’échec de Mende est le reflet du grand malaise qui couve dans le FCC. Avec une majorité écrasante de députés provinciaux dans le Sankuru, soit 22 contre 3 pour le CACH, Lambert Mende partait pour être le grand favori de l’élection du samedi 20 juillet 2019 à Lusambo. Contre toute attente, la dynamique de la plénière électorale de l’Assemblée provinciale du Sankuru en a décidé autrement. Au finish, Mende a échoué.

Depuis la déroute de Sankuru, l’état-major politique du FCC a multiplié des réunions, dont celle de samedi soir autour de Néhémie Mwilanya, son coordonnateur.

Puis dimanche, rapportent des sources très introduites, une réunion restreinte a été organisée autour de Joseph Kabila ; elle a été élargie aux sénateurs qui auront, le samedi 27 juillet prochain, le sort du FCC entre leurs mains.

En effet, pour le FCC, l’élection du bureau définitif de la chambre haute du Parlement est cruciale. C’est le quitte ou double. La volteface de l’AFDC-A de Modeste Bahati Lukwebo a créé des brèches que d’autres regroupements du FCC se régalent pour faire part, à leur manière, de leurs frustrations. Joseph Kabila, autorité morale du FCC, doit batailler fort pour sauver son navire politique d’un naufrage certain. Pour le moment, le navire est en train de prendre l’eau de toutes parts. Tout se jouera le samedi 27 juillet prochain au Sénat.

La déroute de Mende dans le Sankuru a démontré que le FCC n’est pas à l’abri de toute surprise désagréable. Car, parallèlement à l’assurance qu’affiche le FCC – fort de sa majorité écrasante au Sénat – Modeste Bahati n’a pas encore dit son dernier mot. Comme à Lusambo, le 20 juillet 2019, Bahati peut tout aussi surprendre au Sénat. Un scenario qui donne des insomnies aux caciques du FCC.

Le FCC a bousculé aussi bien ses adversaires politiques que ses alliés. Dans cette bousculade, ses socles ont bougé au point qu’il glisse vers la dégringolade qui l’emportera dans le vide.

Quoi qu’il en soit, le samedi prochain dans la course au perchoir du Sénat, le candidat du FCC, Alexis Thambwe Mwamba, sera face à Modeste Bahati Lukwebo, autorité morale du troisième courant de la majorité parlementaire.