Après un cycle électoral tendu, le Sankuru au bord de la terreur

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C’est dans la douleur que l’assemblée provinciale du Sankuru a procédé, le 20 juillet, à l’élection de son gouverneur. Face à Lambert Mende, poids lourd du FCC, c’est l’indépendant Stéphane Mukumadi qui a créé la surprise en accédant au gouvernorat de la province. Au-delà de cette victoire, le climat n’est pas tendre entre le PPRD et le CCU, deux partis du FCC. Un volcan endormi couve dans le Sankuru. Il faut craindre une éruption à tout moment. Le gouvernorat doit s’impliquer pour le retour à une paix durable dans le Sankuru.

LP

Bien avant ce scrutin, des tensions étaient vives dans le Sankuru, principalement dans la ville de Lodja. 48 heures avant l’élection du gouverneur, M. Moïse Kondema Wamu, chef de groupement Lolema, cousin direct du député national Jean-Charles Okoto, a été assassiné. Ce qui a créé la stupeur dans la ville. Selon des témoignages recueillis sur place, les coupables de ce crime odieux sont présentés comme proches des hommes politiques qui se battent pour l’hégémonie dans le Sankuru, particulièrement à Lodja.

Sur place à Lodja, les événements sont en train de prendre une autre tournure. La terreur est à la porte de cette province, après de vives tensions qui ont entouré l’élection du 20 juillet.

Tout est parti d’une information relayée par le bihebdomadaire Le Maximum, journal très proche de Lambert Mende, candidat malheureux à l’élection du 20 juillet.

En pointant un doigt accusateur sur le député national Okoto, le collectif des avocats de l’ancien ambassadeur de la RDC en Chine est sorti de son silence en s’efforçant de rétablir le fait. Il se fait aussi le porte-voix du PPRD.

Le réquisitoire

Dans son réquisitoire, le collectif ne fait pas dans la dentelle : « C’est uniquement cette révélation du label que porte ledit Journal accusateur et en prenant en compte la politique d’acharnement ensanglantant que mène au Sankuru le parti politique Convention des congolais unis, CCU en sigle, contre le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie, PPRD en sigle, que l’on peut mieux comprendre les élucubrations fantaisistes et contradictoires que portent les deux articles qui mettent visiblement en accusation, comme de coutume, le PPRD/Sankuru. Peut-on comprendre que la CCU, qui prétend être de la même famille politique que le PPRD, puisse avoir comme devise : « PPRD au Katanga et CCU au Sankuru » ? ».

 Le collectif fait remarquer que « très récemment, lors de la campagne électorale à Lodja, les miliciens de la CCU, ont brillé dans l’exacerbation de la violence contre ceux du PPRD, peaufinée par l’intolérance qui ont conduit à de multiples assassinats et incendies des maisons dans le secteur de Nambelo-Lohembe, Lotshimba, Lofkungu et Olemba, réputés hostiles à Lambert Mende ».

Entre le PPRD et le CCU, deux partis membres du FCC, le climat est en train de se détériorer. A ce propos, le collectif des avocats d’Okoto rappelle qu’« aussi loin qu’il est possible de remonter dans le temps, l’on se rendra compte que le PPRD a perdu, entre 2017 et 2018, plus de 10 de ses militants, morts causées par les militants (miliciens) de CCU, sous le haut patronage des dirigeants de ce parti ».

Le collectif ne s’arrête pas là. Il rappelle qu’«au-delà même de la guerre sans merci menée contre le PPRD, s’étend sur tous les leaders de ce grand parti, notamment contre l’honorable She Okitundu et l’honorable Jean-Charles Okoto, deux leaders qui travaillent pour l’unité de cette province longtemps putréfiée dans le tribalisme de monsieur Lambert Mende. La CCU a étendu ses attaques contre d’autres leaders du FCC au Sankuru, à savoir l’honorable sénateur Omba Pene Djunga, le ministre Basile Olongo, et même contre le prélat catholique Mgr Nicolas Djomo Lola, l’évêque de Tshumbe ». 

Ramener une paix durable  

Bien de zones d’ombre entourent l’assassinat lâche du chef de groupement Lolema. C’est notamment pourquoi cet assassinat est-il intervenu seulement à la veille des élections de gouverneur et vice-gouverneur au Sankuru ? Cet assassinat n’était-il pas un moyen pour fonder l’argument d’insécurité qui était à la base du report des élections pompeusement fêté par la CCU ? A qui profite ce crime ? 

Il y a donc lieu de faire toute la lumière sur cette question. Car, après l’élection du 20 juillet qui a porté Mukumadi au gouvernorat de la province, le Sankuru passe presque pour un volcan endormi qui peut entrer en éruption à tout moment.

De tout temps, l’ambassadeur Okoto a mené beaucoup d’actions en faveur du retour rapide de la paix dans le Sankuru. Comme nombre d’habitants de Lodja, il veut que les auteurs de cet assassinat crapuleux soient traduits devant les instances judiciaires compétentes. Entre le PPRD, qui ne veut pas s’engager dans un bras de fer avec le CCU, demande au nouveau gouverneur du Sankuru d’initier des enquêtes profondes sur l’existence des milices couvertes par les oripeaux des partis politiques bien connus, pour qu’enfin la paix règne au Sankuru.