Gouvernement FCC-CACH: seul le respect de la Constitution peut garantir l’harmonie entre les membres

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Tous les Congolais gardent leur mal en patience en attendant la sortie du gouvernement Ilunga Ilunkamba. Cependant, bien d’observateurs restent sceptiques quant à l’harmonie dans les relations entre les membres de ce gouvernement devant venir de deux camps, FCC-CACH. La non-application des ordonnances présidentielles par une ministre FCC conforte ce doute. Dès lors, le respect des prescrits constitutionnels doit être le dénominateur commun pour garantir la solidarité gouvernementale et l’harmonie dans les relations entre les ministres issus de deux bords opposés il y a peu.

Amédée Mwarabu

Dans les tout prochains jours, la République démocratique du Congo aura son gouvernement attendu depuis l’investiture du nouveau président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, le 24 janvier 2019. Après la nomination du Premier ministre, Ilunga Ilunkamba, le 20 mai et la fin des négociations entre le FCC et le CACH, il y a une semaine, plus rien ne devrait retarder encore plus longtemps la sortie de l’équipe gouvernementale qui sera la première de l’ère Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Tous les projecteurs sont désormais braqués sur le Premier ministre qui depuis une semaine, consulte les acteurs majeurs de la classe politique congolaise. La répartition des ministères entre FCC et CACH étant connu, il ne reste plus qu’à y ajouter le nom pour chaque poste ministériel. C’est le travail qui est en train d’être fait en coulisse au sein de deux camps politiques.

Le premier acte étant déjà posé, la répartition des postes ministériels selon les partenaires FCC-CACH, l’on attend maintenant la publication de ce gouvernement. Ce qui va révéler non seulement les profils des personnalités promues dans l’Exécutif mais aussi boucler la boucle de cet épisode, gouvernement. Cependant, l’opinion publique nationale a bruyamment critiqué la taille du gouvernement, 65 postes dont 48 ministres et 17 vice-ministres. Plusieurs branches de la Société civile ont appelé le président de la République à revoir à la baisse la taille de l’Exécutif mais c’est sans succès. Tout compte fait, les dés sont jetés.

De cette première mauvaise surprise sur la taille du gouvernement, les Congolais redoutent une seconde c’est que les membres d’un même gouvernement puissent prêcher chacun pour sa chapelle.

Ceux du FCC ne défendront que les intérêts de leur plateforme pendant que ceux du CACH feront la même. Ça sera évidemment la plus mauvaise surprise. En effet, le pouvoir actuel est appelé non seulement au changement dans la gouvernance de la République mais aussi pour lever les défis majeurs qui se dressent devant lui : le chômage, la corruption, l’amélioration des conditions de vie de la majorité des Congolais, etc.

Sans une solidarité gouvernementale sans faille et une action concertée des ministres et vice-ministres dans le traitement des matières, ce gouvernement ne pourrait atteindre les objectifs lui assignés. Il est impérieux, pour l’efficacité du gouvernement Ilunga Ilunkamba, que chaque membre remplisse son rôle et sa mission conformément à la Constitution. Le respect de la loi suprême doit être le dénominateur commun à tous les ministres indistinctement de leur origine de partis ou de plateformes politiques.

La RDC a besoin des hommes d’Etat au sein de l’Exécutif et non des politiciens véreux qui ne jurent que par leurs intérêts partisans voire nombriliste au détriment de ceux de la nation congolaise et de l’Etat. Le chef de l’Etat, devant la diaspora congolaise du Nigeria, a promis que tous les ministres seront sous son commandement. Mieux, la Constitution définit le rôle et les missions de chaque membre du gouvernement.

Il ne saurait aucunement acceptable qu’un ministre se comporte comme l’a fait la ministre du Portefeuille, la FCC Wivine Mumba, qui a visiblement refusé d’appliquer les ordonnances présidentielles portant nominations des membres des comités de gestion à la SNCC et à la Gécamines, voici presque deux mois maintenant. Ce cas à lui seul fait que certains observateurs gardent leur pessimisme quant à l’harmonie et la solidarité au sein du gouvernement, conformément à la Constitution.