Gouvernement : les 23 postes qui divisent le CACH

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Après la répartition des postes entre le FCC et le CACH dans le prochain gouvernement, l’heure est maintenant à l’arbitrage au niveau de chaque plateforme politique pour le choix des délégués. Un moment crucial où chaque parti ou regroupement cherche à tirer la couverture de son côté pour avoir droit au festin. Si au FCC, tous sont supposés s’aligner derrière les choix irrévocables de Joseph Kabila, le problème se pose autrement dans le CACH où le partage ne sera pas aisé. Entre l’UDPS et  l’UNC, sans compter leurs alliés de la dernière heure, tels que Kin-Kiey Mulumba et bien d’autres, les violons sont loin de s’accorder.

Le Potentiel

Dans le prochain gouvernement, composé de 65 membres, hormis le Premier ministre, Sylvestre Ilunga Ilunkamba, le FCC aura droit à 42 postes ministériels contre 23 pour le CACH. Ainsi en ont décidé les délégués de deux camps, sur la base d’un accord conclu le 29 juillet 2019 au Kempinski Fleuve Congo, au terme de deux mois de discussions.

Depuis lors, dans les deux camps, c’est la veillée d’armes. Chaque plateforme a battu le rappel de ses troupes pour se choisir les meilleurs éléments à déléguer au gouvernement.

A première vue, le FCC devait s’en sortir avec un peu plus de facilité, au regard de la soumission de ses membres à leur autorité morale, Joseph Kabila. Le choix de Kabila étant réputé irrévocable, la liste de délégués du FCC dans le prochain gouvernement passera certainement comme une lettre à la poste. Ce qui n’est pas évident pour le CACH où la situation semble plus compliquée.

Aux termes de l’acte de création de Nairobi, deux forces politiques composent le CACH, à savoir l’Udps de Félix-Antoine Tshisekedi et l’UNC de Vital Kamerhe. Avec la victoire de Félix-Antoine Tshisekedi à la présidentielle de décembre 2018, et bien avant même qu’il ne soit proclamé président de la République démocratique du Congo, d’autres partis et personnalités politiques ont rejoint la barque CACH. Si bien qu’aujourd’hui, le CACH ne se limite plus qu’aux seuls partis politiques que sont l’Udps et l’Unc. D’autres courants politiques revendiquent leur appartenance au CACH. Par conséquent, ils espèrent également trouver gain de cause dans le prochain « gâteau gouvernemental ».

Divergences en vue

Selon les échos, entre l’Udps et l’Unc, il ya des tensions en l’air qu’on ne sait pas encore décrypter avec exactitude. On sait néanmoins qu’il y a un malaise qui couve dans les deux camps. Des indiscrétions rapportent que Vital Kamerhe, président de l’Unc et actuel directeur de cabinet du chef de l’Etat, ne cache pas son mécontentement. On en a eu pour preuve sa visite en solitaire au Premier ministre, Ilunga Ilunkamba, le week-end dernier dans son QG de Kempinski.

Devant le Premier ministre, Kamerhe s’est présenté en président de l’Unc et non en partenaire de CACH. Il avait à ses côtés le porte-parole de l’Unc, Jolino Makelele. C’est tout dire. Est-ce que Kamerhe craindrait que la roue se retourne contre lui ? Pressent-il un mauvais jeu de son partenaire dans le CACH, en l’occurrence l’Udps ? En tout cas, l’association des faits corrobore cette thèse.

Entre l’Udps et l’Unc, le partage de 23 postes réservés au CACH pose énormément des problèmes. En réalité, l’Unc voudrait avoir droit de préséance sur l’Udps, étant entendu, se défend-t-elle, que l’Udps a déjà obtenu, au nom de la coalition, le poste de président de la République.

Dans ces conditions, l’Unc estime avoir plus de postes que l’Udps, sur les 23 alloués au CACH. Ce qui n’est pas de l’avis de l’Udps. Et c’est sans compter avec les alliés de CACH, tels que Kin-Kiey Mulumba, Delly Sessanga, Claudel Lubaya, Adam Bombole, qui espèrent aussi avoir droit au festin gouvernemental. Certes, au sein du CACH, on est encore loin du langage des sourds, mais la confusion se profile à l’horizon.