Santé : la population et les prestataires de soins sensibilisés aux méfaits de l’endométriose

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L’endométriose est une maladie peu connue et n’est prise en compte que dans des stades très avancés, environ entre 8 et 12 ans après le début des manifestations. Cette maladie évolue lentement, et est source de plusieurs douleurs qui compliquent la vie des femmes, impactant leurs activités professionnelles ainsi que personnelles.

Lucie Ngusi

Au cours d’une conférence de presse tenue le samedi 3 août 2019 dans la salle Okapi de l’INPESS située dans la commune de KasaVubu, le président de la Fondation Daemmi Berlin de (FoDAB), le professeur Emmanuel Nzau, a tenu à sensibiliser la population et les médecins sur les méfaits de l’endométriose, une maladie peu connue, non seulement du grand public, mais aussi des prestataires du domaine médical.

Il sied de noter que cette journée a connu une double activité, à savoir le partage d’expériences sur l’endométriose avec les gynécologues de Kinshasa, ainsi que d’autres spécialistes (radiologues et neuropsychiatres). Et la séance de l’après-midi a été consacrée à la sensibilisation du grand public.

À cette occasion, le professeur Emmanuel Nzau a fait savoir que l’endométriose est une maladie qui est non seulement mal connue de la population, mais aussi des prestataires eux-mêmes. D’où il fallait combiner les deux activités pour aboutir à une dynamique pouvant aider à lutter contre cette maladie, afin de changer les choses par rapport à la souffrance des patientes qui ont des problèmes de conception.

L’endométriose en question

Le Prof. Emmanuel Nzau a expliqué que l’endométriose est une maladie chronique qui touche une femme sur dix entre 15 et 49 ans. Cette maladie, a expliqué le président de FoDAB, est caractérisée par la présence de l’endomètre en dehors de la cavité utérine ou matrice. Il a souligné que l’endomètre est le tissu qui tapisse l’intérieur de l’utérus.

Au cours du cycle menstruel, sous l’effet des hormones (œstrogènes), l’endomètre s’épaissit en vue d’une possible grossesse, et s’il n’y a pas eu fécondation, il se désagrège et saigne : ce sont les règles ou les menstrues.

Mais chez la femme qui a de l’endométriose, le tissu semblable au tissu de l’endomètre se développe hors de l’utérus, provoquant alors des lésions, des adhérences et des kystes ovariens (endométriomes) dans les organes colonisés. Cette colonisation peut se retrouver dans le péritoine (dans le ventre) et s’étendre aux appareils urinaire, digestif, et même aux poumons.

À part la douleur, la patiente peut avoir la fatigue, les différents troubles de la digestion, la constipation, et parfois des diarrhées. Ajouter à cela différents saignements avant les règles, la présence du sang dans les urines, y compris les brûlures urinaires pendant les règles, ainsi que l’impossibilité de tomber enceinte.

Prise en charge de l’endométriose

Ce spécialiste a déclaré que l’endométriose est une maladie assez complexe qui fait intervenir plusieurs spécialités dans la prise en charge. Le gynécologue a une place, le psychologue également, l’urologue et tant d’autres spécialistes. Cependant, il faut retenir que la prise en charge commence d’abord par gérer les symptômes. Mais avant cela, il faut poser le diagnostic.

Il est à noter que les moyens sont suffisamment développés aujourd’hui pour poser le diagnostic. Il y a plusieurs prescrits contre la douleur jusqu’au traitement et au désir de conception. Mais on peut aller jusqu’à la chirurgie pour essayer de soulager les problèmes de la patiente.

Le président de la FoDab a saisi cette occasion pour signaler le lancement de la campagne parascopie qui est une campagne de lutte contre la douleur féminine, au cours de laquelle il y aura des consultations spécialisées.

Et lui d’ajouter que cette campagne sera organisée au mois d’octobre de cette année. Il sied de signaler que cette conférence a connu des moments forts, dont les témoignages des victimes de l’endométriose. Aussi, des recommandations ont été formulées par Dr Kayembe concernant les mesures d’hygiène à observer pendant les règles, sans oublier une alimentation saine et équilibrée.