Gouvernement : enfantement dans la douleur

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Investi depuis le 24 janvier 2019, le chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, travaille encore à la confection de son premier gouvernement que dirigera le professeur Sylvestre Ilunga Ilunkamba, nommé à ce poste le 20 mai 2019.  Le FCC et le CACH s’étant désormais mis d’accord sur la répartition des postes, le Premier ministre a reçu le go pour engager des négociations entre différentes parties à la coalition au pouvoir. Hier mercredi, le chef du gouvernement a posé le principe pour prétendre à un poste dans son gouvernement, avec la promesse de tout boucler ce week-end. C’est dans la douleur que se forme le gouvernement Ilunga Ilunkamba.

Le Potentiel

Le gouvernement Ilunga Ilunkamba, c’est pour bientôt. Comme une femme enceinte, arrivée à terme, les premiers signes de contraction sont enfin là. En effet, tout s’est éclairci le 29 juillet 2019 lorsque les deux plateformes à la coalition, à savoir le FCC et le CACH, se sont mis d’accord aussi bien sur le format que sur la répartition des postes ministériels. Depuis lors, le Premier ministre Ilunga Ilunkamba a reçu le feu vert pour engager des discussions directes avec les parties concernées.

C’est hier mercredi, dans son bureau improvisé de l’Hôtel du gouvernement  – en attendant sa prise des fonctions – que le chef du gouvernement a dessiné les contours de ce que sera son gouvernement. Les délégués du FCC et du CACH, conduits respectivement par Néhémie Mwilanya et Jean-Marc Kabund, ont été les premiers à ouvrir le bal. Chacun connaissant son quota dans le gouvernement, soit 42 pour le FCC et 23 pour le CACH, l’heure est donc au choix des délégués. C’est l’ultime étape. En tout cas, la plus cruciale.

D’emblée, le professeur Ilunga Ilunkamba a posé le principe. Il a en même temps présenté le portrait robot des ministres. Selon lui, ses ministres devront se soumettre à un filtre à dix niveaux.

Le temps presse

Le Premier ministre en est bien conscient. Il a promis dès lors que « la phase des consultations officielles sera la plus courte possible étant donné que ça fait longtemps que le peuple attend ce gouvernement (…) ». Il s’est aussi fixé un cap. Il s’agit de « doter le pays, dans cette période de tous les défis et de tous les enjeux, d’un gouvernement constitués d’hommes et femmes droits et intègres pour pouvoir, sous l’impulsion du chef de l’Etat, permettre à notre pays de contribuer à l’amélioration de vie des citoyens congolais ».

Dans le chronogramme du Premier ministre, tout devait être bouclé ce week-end, en attendant l’harmonisation des listes avec le président de la République pour enfin publier le gouvernement, au début de la semaine prochaine. C’est donc une course contre la montre qui est engagée.

En tout cas, pour le Premier ministre, tout est mis en place pour ne pas tirer les discussions en longueur.

Aussi, juste après les premières discussions avec les deux parties à la coalition gouvernementale, le chef de l’Etat prévoit-il de rencontrer les forces vives du pays, principalement les confessions religieuses, le syndicat des entreprises publiques, le patronat congolais (FEC et Copemeco), les délégués des jeunes et femmes.

Dans le choix des membres de son gouvernement, le Premier ministre n’attend pas subir le diktat de la coalition FCC – CACH. Il en a fait part mercredi à ses hôtes. Il les a d’ailleurs enjoints de lui présenter trois noms à chaque poste – le dernier mot devant lui revenir, après concertation, en dernier ressort, avec le président de la République.

Apparemment, le message du Premier ministre a été bien reçu par les délégués de la coalition FCC – CACH. Rendant compte de leurs discussions à la presse, Jean-Marc Kabund a emboîté le pas au Premier ministre.

« Ceux qui seront dans ce gouvernement devront comprendre que le chef de l’Etat veut que le pays décolle. C’est le même sentiment que nous avons pu remarquer dans le chef du Premier ministre. Le reste à faire, c’est que nous lui proposons des hommes et des femmes compétents, intègres ». Il reconnaît néanmoins que la tâche ne sera pas facile autant pour le FCC que le CACH.

 « Depuis que nous avons l’accord, chaque famille politique discute en interne. Ce n’est pas facile lorsqu’il faut mettre tout le monde ensemble, discuter et proposer une petite équipe. Tout le monde est prétendant à un poste. Personne ne veut rater le rendez-vous. Nous travaillons bien que ce n’est pas facile », a indiqué Kabund, interrogé par le site d’information en ligne, actualité.cd.

12 août : la date butoir

Selon des indiscrétions recueillies dans les allées de la présidence de la République, le mardi 12 août 2019 a été retenu comme date butoir pour clore définitivement le dossier gouvernement. Il s’agit de rendre enfin publique l’équipe gouvernementale Ilunga Ilunkamba. La raison est bien simple, rapportent les mêmes sources. En effet, le chef de l’Etat doit se déplacer pour l’étranger. Et il a formellement instruit le Premier ministre de boucler ce dossier avant son départ. Autant de stress pour le professeur Ilunga.

Sept mois après, la RDC est sur le point de se doter du premier gouvernement de l’ère Félix Tshisekedi. Mais, les contractions sont telles que c’est dans la douleur que va être enfanté le gouvernement Ilunga Ilunkamba.

Entre d’un côté, les dix critères imposés par le Premier ministre pour prétendre à un poste à son gouvernement, et de l’autre, l’activisme politique qui risque de prendre le dessus. C’est le scénario chaque fois que le pays se prépare à mettre en place un nouvel exécutif central.

On sait d’ores et déjà qu’il y a trop d’appelés, mais juste un peu nombre aura voix au chapitre.

Entouré d’une équipe de vertébrés, le professeur Ilunga a puisé dans son pré-carré du Copirep (Comité de pilotage de la réforme des entreprises publiques, où il a passé 11 ans comme secrétaire exécutif, le  Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba s’apprête enfin à prendre possession de ses bureaux de la Primature et tourner définitivement la page Bruno Tshibala.