La reprise de trafic du train urbain Kinshasa-Kasangulu redonne de l’espoir à la SCTP

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Après plusieurs années de pleurs, les agents et cadres de la Société commerciale de transports et de ports (SCTP) peuvent encore espérer. Un nouveau souffle vient d’être apporté par le gouvernement de la République qui tient au relèvement de cette grande société de l’État, bras séculier de l’économie de la République démocratique du Congo.

Olivier Kaforo

La Société commerciale de transports et de ports (SCTP) vient de relancer le trafic du train urbain reliant Kinshasa et Kasangulu, une entité de la province du Kongo central. La cérémonie de lancement officiel dudit trafic est intervenue le mercredi 14 août à Kinshasa. Présidée par le vice-Premier ministre et ministre de Transport ad intérim, Azarias Ruberwa Maniwa, la cérémonie a coïncidé avec la remise en service des infrastructures et équipements réhabilités de la SCTP.

Tôt le matin vers 7 heures 30 locales, le train en provenance de Kasangulu est arrivé à la gare de Kin-Est, sous le satisfecit total des passagers ainsi que des autorités de la SCTP.

La remise en service du train urbain assurant le trafic entre Kinshasa-Kasangulu est rendu possible grâce à un appui du gouvernement de la RDC à hauteur de plus ou moins 3,5 millions USD. Le train urbain qui reprend le trafic a été immobilisé depuis trois ans ou presque. Grâce à ce fonds rendu disponible par le gouvernement, un train marchandises reliant Kinshasa et Matadi (Kongo central) a également été remis en service.

Le projet de redynamisation des exploitations de la SCTP a débuté il y a exactement 43 jours. Dans sa communication de circonstance, Azarias Ruberwa a exhorté les responsables de la SCTP à une orthodoxie dans la gestion des fonds générés par les machines déjà réhabilitées.

« Relancer l’exploitation de ces engins a coûté de l’argent. Au total, 6 milliards de francs congolais (plus ou moins 3,5 millions USD) ont été dépensés. Les dirigeants de la SCTP doivent être consciencieux. Ils doivent comprendre qu’ils ont une mission qu’ils ne peuvent se dérober. Parmi ces missions, l’on note la gestion orthodoxe. Ils ont donc l’obligation de gérer correctement. Nous attendons d’eux la recevabilité.  A la fin de chaque mois, on doit savoir ce que cela a rapporté. Il faut qu’il y ait beaucoup de transparence dans la gestion. Bien sûr qu’il y a des charges, celles-ci ne doivent être exagérées. Les dépenses de gestion doivent être remodelées. Les responsables ont l’obligation de gérer en bon père de famille, toutes les recettes issues du  transport des passagers et celui des marchandises », a martelé Azarias Ruberwa.

Concernant le paiement de salaires des agents et cadres de la SCTP, le ministre de Transports s’est montré rassurant.  

« Il faut travailler en toute conscience. Votre situation en dépend. Plus il y aura de recettes, plus on va exiger et d’éponger tous les mois antérieurs. Il faudra donc prouver que vous avez travaillé d’arrache-pied et que les recettes varient de manière croissante. Vous serez donc payés au prorata de vos efforts », a promis Azarias Ruberwa.

Et d’ajouter : « Nous avons tenu des réunions récemment avec les représentants du ministère du Portefeuille, ceux du ministère des Finances, les experts du ministère du Travail ainsi que des membres de la direction de la SCTP et les délégués syndicaux. Les problèmes de l’entreprise ont été examinés à fond. La session a pris quelques jours. Nous avons dégagé exceptionnellement en tant qu’État congolais la sortie de 6 millions USD en raison de 2 millions USD par mois, en faveur de la SCTP. Nous avons également décidé de bloquer les arriérés de salaires et de commencer à s’assurer que chaque mois sera payé à partir de maintenant, par rapport au revenu de la société. Tout cela donne des messages. Il est donc possible de travailler correctement et, c’est possible d’être une entreprise – comme dans le temps – d’une étoile qui monte et qui peut être le modèle des autres entreprises. C’est à cela que je vous convie ».   

Le directeur général ad intérim de la SCTP, Daudet Laya a, quant à lui, circonscrit le cadre dans lequel s’inscrit la remise en service de ces deux machines. Par la même occasion, il a reconnu les efforts fournis par le gouvernement pour la redynamisation de la SCTP. Allusion faite au financement de la remise en service de deux locomotives dont la 202 affectée au train inter urbain sur le trajet Gare Kin-Est et Kasangulu ; la 1362 pour le transport des marchandises sur la ligne Kinshasa.

Au delà de ces réalisations, Daudet Laya a rendu hommage au gouvernement pour avoir rendu possible la réhabilitation en cours de la locomotive de ligne 1432 et de la locomotive de manœuvres 186 ; l’implantation de la mini station de pompage de gasoil à Matadi ; le désherbage  de la voie ferrée et les travaux d’assainissement des ateliers centraux de Mbanza-Ngungu.

Pour rappel, la SCTP traverse, depuis plusieurs années, des moments de turbulence. Les salaires du personnel sont payés de manière irrégulière. Plusieurs unités de production de cette société sont en état d’arrêt, faute d’entretien. Les directeurs généraux qui s’y sont succédé ont tous été incapables de trouver des solutions définitives et durables aux problèmes de cette société de l’État.

Avec ce nouveau coup de pouce que vient de donner le gouvernement, l’espoir renait dans le chef des agents et cadres de la SCTP qui, devant une misère leur imposée par certains responsables, attendent leur salut qui ne peut venir que du bon comportement des dirigeants. Le nouveau leadership à la tête de la République rassure également les agents et cadres de la SCTP qui croient à un nouveau management prometteur.