Tshisekedi – Ilunga : l’ultime rencontre

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Enfin, le bout de tunnel se dessine dans la mise en place du gouvernement. La promulgation de l’ordonnance présidentielle nommant les 65 membres du gouvernement Ilunga Ilunkamba est déjà sur la table du président de la République. Le temps de quelques ajustements de dernière minute. Tout sera certainement bouclé à l’issue de l’ultime rencontre, ce jeudi, entre le chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, et le Premier ministre, Sylvestre Ilunga Ilunkamba. Depuis Luanda, Félix Tshisekedi pense que plus rien ne saurait retarder la nomination du gouvernement. Sans doute, dans les prochaines heures, la RDC aura le premier gouvernement de l’après-alternance.

Le Potentiel

Qui seront les heureux promus du gouvernement Ilunga Ilunkamba. Si leur nombre est connu, soit 65 membres, leurs noms restent cependant un mystère. Seuls le chef de l’Etat et le Premier ministre en gardent encore le secret. Au FCC, son coordonnateur, Néhémie Mwilanya, a dit avoir rempli toutes les conditions posées par le Premier ministre, promettant en même une « régénérescence » dans le ticket FCC au sein de l’exécutif national. Quant au CACH, les deux partenaires à la coalition ont convenu d’une clé de répartition qui alloue 15 postes à l’UDPS et ses alliés, contre 8 pour l’UNC de Vital Kamerhe.

Le bout du tunnel

Le long mystère qui dure depuis huit mois est sur le point d’être élucidé. La nomination du gouvernement n’est plus qu’une affaire de quelques heures. Le temps de derniers réglages.

En tout cas, c’est ce qu’a annoncé mercredi le chef de l’Etat depuis Luanda, en Angola.

« Je reçois le Premier ministre demain (Ndlr : jeudi) avec la dernière mouture qui devait intégrer le nom d’une composante, si tout va bien, le soir pourrait intervenir la publication », a déclaré le chef de l’Etat. Le président de la République est conscient du grand retard accumulé pour parvenir enfin à la formation du gouvernement. Il impute cette situation exceptionnelle issue des résultats des élections du 30 décembre 2018.

 « C’est une première expérience en RDC. C’est normal et je sollicite l’indulgence de la communauté nationale et internationale vis-à-vis de ce qui est apparu comme tergiversations. C’était une façon de se connaître, d’aller ensemble, en toute confiance, en partenariat dans ce défi qui sera énorme », rappelle le chef de l’Etat.

Est-ce à dire que tous les obstacles ont été surmontés dans le processus qui mène à la formation du gouvernement ? C’est le cas de le dire. Une surprise de dernière minute n’est pas à exclure. Il n’est pas exclu que Modeste Bahati trouve son compte dans ce gouvernement en portant le flambeau de son regroupement politique, l’AFDC-A. Félix Tshisekedi a effleuré le problème, sans autres détails. « Je reçois le Premier ministre demain avec la dernière mouture qui devait intégrer le nom d’une composante… », a déclaré le chef de l’Etat.

« Intégrer le nom d’une composante » cache bien évidemment un mystère. Certains n’hésitent pas à faire le lien avec l’AFDC-A de Bahati Lukwebo qui revendique son appartenance à la majorité parlementaire. En tout cas, à ce jour, personne ne s’est opposé à la position affichée par l’autorité morale de l’AFDC-A. Dans la formation du gouvernement, il n’est pas exclu que l’AFDC-A fasse route avec le FCC et le CACH. L’hypothèse devient de plus en plus envisageable.

Les pronostics sont ouverts

Techniquement, tous les observateurs estiment que la sortie du gouvernement Sylvestre Ilunga ne serait possible qu’en début de week-end. Un avis partagé à l’UDPS et à CACH qui ont déposé les derniers à leurs listes harmonisées. Ces derniers de la classe ont donné du fil à retordre au Premier ministre parce qu’il a dû user parfois des subterfuges pour expliquer le blocage.

Félix Tshisekedi, qui est conscient de ses responsabilités, prendra certainement le temps des contre-vérifications, a confié l’un de ses proches conseillers.

Pleurs et grincements des dents

Il y aura des pleurs et grincements des dents, après la publication du gouvernement. Des aigris se compteront par dizaine, tant au CACH qu’au FCC. Si le suspense est exclu dans le quota que devrait proposer l’UNC, à l’UDPS par contre, on a eu droit à une rude bataille.

Au FCC, la tâche n’a pas été facile. Face à la volonté de Félix Tshisekedi de n’aligner que de nouvelles figures, les chefs des partis qui cachent mal leur déception ne donnent pas plus d’une année à ce « gouvernement des novices », selon leurs termes.

Dans les rangs du FCC, on rapporte que la sérénité affichée dernièrement par Néhémie Mwilanya et Ramazani Shadary visait juste à calmer le jeu pour faire passer la pilule. En interne, la grogne est bien visible. Si bien que certains chefs des partis et regroupements du FCC menacent d’opposer leur veto à l’investiture du gouvernement Ilunga devant l’Assemblée nationale. On est donc parti pour une saga politique qui réserve bien des surprises.