Kinshasa : les ‘‘Kuluna’’ dictent leur loi à Malweka et Don Bosco à Mont Ngafula

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Le phénomène ‘‘Kuluna’’ a élu domicile à Malweka et Don Bosco, respectivement dans les communes de Ngaliema et Mont Ngafula à Kinshasa. Il ne fait plus beau vivre dans ces quartiers. Les jeunes gens, gagnés par l’oisiveté et drogués, se sont constitués en bandes rivales, pour se rentrer dedans. Tout en s’attaquant à la paisible population, munis d’armes blanches. Ils s’en servent aussi pour extorquer tout celui qu’ils rencontrent et même vandaliser les biens des habitants d’un quartier donné. Souvent, pour rien. Dans ces quartiers, ces jeunes, appelés communément ‘‘Kuluna’’ (bandits de grand chemin), dictent leur loi le jour comme la nuit. Et  des cas de décès sont enregistrés.

Olivier Dioso

Les jeunes des quartiers Malweka et Don Bosco se regardent en chiens de faïence. Séparés par la rivière Lukunga, de par et d’autre, personne ne peut la traverser au risque d’être copieusement tabassé jusque, parfois, mort s’en suive. Jeunes et vieux, tout le monde est concerné. 

Dernièrement, une femme, la cinquantaine révolue, habitant le quartier Don Bosco, est morte de ses blessures après avoir été battue par ces garnements ni foi ni loi. Son péché, c’est d’avoir osé traverser la Lukunga en cherchant à se rendre vers l’Université pédagogique nationale (UPN). Ce raccourci lui a coûté la vie.

Deux autres femmes en ont eu pour leur compte, elles aussi, pour avoir eu le culot de traverser le ‘‘Rubicon’’. Elles ont été molestées sérieusement avant d’être abandonnées à leur triste sort.

Genèse du conflit

Pour la petite histoire de ces relations tumultueuses entre ces bandits de Malweka et Don Bosco, tout est parti d’un match de football entre les jeunes de deux quartiers organisés par les prêtres de la paroisse catholique de Don Bosco. En fait, c’est chaque année, durant les grandes vacances, qu’un tournoi de football est organisé, opposant deux à trois équipes représentant les quartiers Malweka, Don Bosco, Kimbwala et Lutendele. Pour récompenser l’équipe gagnante, une coupe, accompagnée d’une somme d’argent, lui est remise.

En 2018, le tournoi s’est arrêté en quart de finale. Le match qui a opposé une équipe de Don Bosco à celle de Malweka a été émaillé de troubles provoqués par les joueurs et les supporters de cette dernière menée jusque-là par 1-0. En 2019, le hasard a fait que les deux équipes se retrouvent de nouveau. Et le match s’est terminé en queue de poisson, comme l’année dernière.

De nouveau battus, les gars de Malweka ont envahi l’aire de  jeu et ont sorti des armes blanches pour ‘‘corriger’’ la population de Don Bosco. C’était le branle-bas le combat. Finalement, les agresseurs ont été repoussés jusqu’à être contraints de traverser la rivière. Le lendemain, la journée, ils reviendront pour la revanche. Un ‘‘Kuluna’’ de Lutendele, solidaire d’avec la population de Don Bosco, réussira à arrêter quelques-uns de ses compères de Malweka pour les conduire au sous-commissariat de police de Don Bosco.

« Un Kuluna » tué

Malheureusement, muni d’une machette et voulant de nouveau aller à l’‘‘assaut’’ des autres, un policier, qui n’a pas  compris le rôle que ce garçon jouait, l’a menacé avec son arme avant de l’abattre. Ce qui a fait dégénérer la situation. À Don Bosco, on ne jure que par la revanche.

À noter que le quartier Kimbwala est aussi contaminé par cette cruauté bestiale. Les jeunes habitant du côté du cimetière de Kinsuka et ceux de Mondo Vision sont à couteaux tirés. Les uns voulant avoir l’hégémonie sur les autres. Et vice-versa. Mercredi 21 août, n’eût été l’intervention de la police, de dégâts importants auraient été enregistrés. Et on aurait, pourquoi pas, déploré mort d’hommes. Car ces délinquants n’hésitent pas à user de leurs armes blanches et à frapper sur n’importe quelle partie du corps.   

Insécurité persistante

Pour cela, la population encourage les interventions de la police qui ne doit pas laisser tomber les bras pour traquer ces hors-la-loi. Malheureusement, des foyers d’insécurité sont signalés un peu partout dans la commune de Mont-Ngafula. Plusieurs cas d’assassinat y sont enregistrés.

Dans la nuit du 5 au 6 août dernier, un groupe d’individus, non autrement identifié, a pris d’assaut le quartier Série 10 et a assassiné un père de famille.

Et mercredi 21 août matin, deux ménages ont été visités et une personne a même été tuée dans cette commune. Et pour manifester sa colère, la population a barricadé la Route de Matadi au niveau de l’arrêt Pharmacie. « Tous les jours, nous sommes visités par des criminels malgré le bureau de la Police installé dans le quartier. Quatre familles ont été attaquées et une personne a été tuée. Ce n’est pas la première fois », a vociféré un habitant du coin endeuillé, signale Topcongofm.net.