Les écoles conventionnées catholiques foulent aux pieds les instructions du ministère

Partager
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le chef de l’Etat a décidé de la gratuité effective de l’éducation de base dès cette année scolaire 2019-2020. Pour accompagner cette volonté du chef de l’Etat, le ministère de l’Enseignement primaire, secondaire et technique (EPST), par le biais du secrétaire général à ce ministère, a pris la lettre circulaire n° 0523 à l’attention des gestionnaires de l’enseignement national à tous les niveaux. Laquelle circulaire a trait à la suppression des frais de scolarité dans les établissements publics d’enseignement de l’éducation de base.

Donatien Mupompa

Dans la même, interdiction est faite  de transformer les écoles en maison d’approvisionnement et de vente de fournitures et articles scolaires, notamment les uniformes, écussons, journaux de classe, cahier de communication, cravates, tenue de gymnastique…). Obligation est également faite à ces établissements de laisser la latitude aux parents de se procurer des articles scolaires sur le marché.

Cette circulaire du ministère est simplement piétinée les chefs d’établissements du réseau catholique qui se livrent à cœur joie à la vente de tous ces articles scolaires, à coût de plusieurs dollars américains. Le prétexte est vite trouvé : les commandes avaient déjà été passées pendant les vacances. Malgré l’interdit du ministère, ces gestionnaires sont déterminés ces articles ; question de rentrer coûte que coûte dans leurs droits pour les dépenses engagées.

Le samedi 7 septembre, les parents d’élèves des classes de 7è et 8èmes ont été convoqués en assemblée générale au cours de laquelle ils ont appris que, pour leurs enfants de ces classes concernées par la gratuité, ils doivent débourser 110 USD. De ce montant, 30 USD sont affectés à la construction d’une salle polyvalente et 80 USD sont destinés à l’achat des articles scolaires dont l’écusson, la cravate, la tenue de gymnastique, le journal de classe, le cahier de communication et une quotité pour la bibliothèque.

Au lycée Motema Mpiko, les parents déboursent 60 USD à l’achat de ces articles scolaires. Les parents qui avaient déjà payé les comptes se sont vus retenir les 60 USD des frais qui leur ont été remboursés et ceux qui n’ont encore rien payé sont sommés de verser ce montant pour permettre à l’école de fonctionner en attendant les subsides du gouvernement qui tomberont en octobre prochain.

Le Syeco dénonce

Le Syndicat des enseignants du Congo (SYECO) est monté au créneau pour dénoncer ces écoles conventionnées catholiques qui sont déterminées à saboter la mesure portant gratuité de l’enseignement de base dès cette année scolaire.

Si la rentrée scolaire est effective sur toute l’étendue de la RDC et la mesure de la gratuité de l’enseignement de base telle que voulue par le président Félix Tshisekedi Tshilombo, a constaté Mme Cécile Tshiyombo, secrétaire générale du SYECO. Elle dénonce cependant le « sabotage de cette mesure » par les responsables de certaines écoles conventionnées catholiques. «Il y a des couacs : des enseignants des écoles conventionnées catholiques sont en train d’être intoxiqués par leurs responsables pour qu’ils ne touchent pas à la craie », a accusé Cécile Tshiyombo.

Certains responsables des écoles conventionnées catholiques ne veulent pas restituer les acomptes des frais scolaires déjà versés par les parents. D’autres refusent l’entrée en classe de tout enfant dont les parents n’ont pas payé les uniformes à l’école, a poursuivi la même source.

La secrétaire générale du SYECO a par ailleurs demandé au chef de l’Etat d’exiger la convocation urgente de la commission paritaire pour faire le point de l’enveloppe qu’il aurait dégagée pour les enseignants.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *