La gratuité des classes des 7è et 8è années repoussée au budget 2020

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Seuls les élèves du primaire bénéficient, dès septembre 2019, de la gratuité. Les élèves des classes de 7ème et 8ème années seront prises en compte dans le cadre du budget 2020. Le ministre d’Etat, ministre en charge de l’EPST va adresser une circulaire à chaque gouverneur de province pour fixer les frais scolaires.

Florent N’lunda N’silu

Le ministre d’Etat, ministre en charge de l’Enseignement primaire, secondaire et technique (EPST), Willy Bakonga, a recadré la mesure de gratuité de l’enseignement de base en République démocratique du Congo. C’était au cours d’une réunion qu’il a présidée hier 18 septembre au Centre des ressources pour enseignants et enseignantes de Kinshasa (CREEK) à l’attention des membres de différentes associations des parents d’élèves.

« Seuls les élèves du primaire bénéficient de la gratuite, dès septembre

2019 », a recadré le ministre d’Etat Bakonga qui a souligné la volonté du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, de mettre l’accent sur l’homme congolais et de « tout vidé » au niveau du primaire. C’est-à-dire de supprimer les frais de prise en charge des enseignants par les parents et des frais scolaires (Test national de fin d’études primaires, Tenafep, assurance, frais de bulletin scolaire, etc.) et de rendre à l’enseignant sa dignité.

En ce qui concerne les élèves des classes de la 7è et de la 8èmes années, Willy Bakonga a fait savoir que la gratuité pour ces classes sera prise en compte dans le cadre du budget du gouvernement pour l’exercice 2020.

Mais, la volonté du président de la République est d’aller au-delà. Il a justifié cette décision du gouvernement par des contraintes budgétaires et des réalités sur le terrain.

« L’article 43 de la Constitution de la République démocratique du Congo prévoit la gratuité pour le primaire et la loi-cadre du 14 février 2014 pour l’éducation de base », a rappelé Willy Bakonga qui a relevé qu’un alinéa des conclusions de la 2ème table ronde nationale sur la gratuité de l’éducation de base prévoit la gratuité progressive.

« Comme au primaire, les frais de prise en charge des enseignants par les parents sont supprimés pour les élèves des classes de 7ème et 8ème  années, dès septembre 2019 », a souligné le ministre d’Etat. Toutefois, il a recommandé aux parents d’élèves des classes de 7ème et 8ème années de s’acquitter des frais scolaires pour permettre aux classes de fonctionner. « Depuis 2011, la gratuité avait commencé de manière progressive et aujourd’hui le président Félix-Antoine Tshisekedi a décidé de la rendre effective et intégrale », a-t-il rappelé avant de noter que les frais de scolarité restent et seront fixés par chaque gouverneur de province à qui le ministre d’Etat va adresser une circulaire à ce sujet.

Soulignant la volonté du président de la République de faire de l’enseignement l’une de ses priorités, le ministre d’Etat a révélé que de 9 mille enseignants non payés, on est passé à 34 740 enseignants disséminés à travers le territoire national qui seront payés dès septembre 2019. Willy Bakongo a rappelé que l’enveloppe salariale est de 2,6 milliards de dollars américains pour payer les enseignants du primaire par an.

« Le train a déjà quitté la gare et nous ne devons plus reculer », a exhorté le ministre, s’adressant aux parents d’élèves qu’il a invités pour qu’ils aient le même entendement et la même compréhension de la gratuité. D’autre part, le ministre d’Etat a annoncé que des équipes d’agents et fonctionnaires de l’Etat seront déployées, dès ce samedi 21 septembre dans chaque province, pour évaluer l’effectivité de la gratuité au primaire et sanctionner les chefs d’établissements qui vont à l’encontre de la mesure du président de la République.

Elles vont aussi voir les conditions dans lesquelles étudient les élèves. « Les solutions idoines seront trouvées incessamment que les élèves étudient dans de bonnes conditions », a promis Willy Bakongo qui faisait allusion aux classes surpeuplées.

Lors du débat qui a suivi l’adresse du ministre d’Etat, le président de l’Association nationale des parents d’élèves et étudiants du Congo (ANAPECP), Steve-David Diatezwa, a fait savoir que la question de gratuite suscite de l’émoi et des questionnements dans le chef des parents. Là où le nombre d’élèves dépasse les effectifs prévus dans les classes, le gouvernement devrait penser à l’augmentation des salles des classés, a suggéré un parent.