Toilettage du projet de budget 2020 : le FMI et la Banque mondiale multiplient des contacts à Kinshasa

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Présents à Kinshasa depuis ce week-end, les experts du FMI et de la Banque mondiale passent au peigne fin le projet de budget de l’Etat pour l’exercice 2020, arrêté provisoirement à environ 7 milliards de dollars américains, selon le dernier compte rendu du gouvernement. Au ministère des Finances, on multiplie des réunions pour se mettre d’accord autour de certains préalables et, à défaut, revoir ces prévisions budgétaires à la hausse. Un challenge que promet de relever le ministère des Finances, spécialement dans le volet recettes.

Le projet de budget 2020 fait actuellement l’objet des entretiens entre  les experts du Fonds monétaire internationale et de la Banque mondiale, dépêchés à Kinshasa. Depuis leur arrivée ce week-end, les deux équipes du FMI et de la Banque mondiale se succèdent au ministère des Finances pour des discussions approfondies autour du projet de budget 2020.

Pour l’instant, aucune option définitive n’a encore été levée – le temps d’aplanir les divergences entre les deux parties. Lundi, les délégués du FMPI et de la Banque mondiale ont défilé tour à tour au siège du ministère des Finances. En l’absence de ministre des Finances, Sele Yalaghuli, qui séjourne avec le chef de l’Etat à Washington pour des discussions au plus haut niveau avec les staffs de la Banque mondiale et du FMI, c’est le vice-ministre Junior Mata M’Elanga qui conduit les débats. Il est épaulé à chacune de ces rencontres par le directeur de cabinet du ministre des Finances, Vincent Ngonga.

Si les délégués se montrent moins bavards depuis leur arrivée à Kinshasa, la Banque mondiale a cependant livré à la presse, lundi, des bribes d’informations sur les échanges qu’ils mènent avec les experts du ministère des Finances. Conduite par Manuel Antonio Vargas, directeur sectoriel dans l’unité de gouvernance du département Afrique de la Banque mondiale, la délégation de la Banque mondiale s’est longuement entretenue lundi avec la partie congolaise sur les réformes touchant aux finances publiques et au rajeunissement de l’administration publique.

Au sortir de cette réunion, l’expert de la Banque mondiale s’est dit satisfait de la qualité des discussions qui, selon lui, devaient permettre aux deux parties de se mettre d’accord sur certains préalables pour amener son institution à accroître davantage son portefeuille en RDC qui se chiffre à ce jour à près de quatre milliards de dollars américains.

« Nous avons eu une très bonne réunion avec les experts du ministère des Finances », a déclaré Manuel Antonio Vargas.

Dans leurs échanges, la Banque mondiale a assuré la partie congolaise de sa disponibilité à « assister le gouvernement dans la gestion des finances publiques », aussi bien en termes de mobilisation des recettes que d’encadrement des recettes.

Des appuis budgétaires sous condition de la Banque mondiale

Si le FMI conditionne ses appuis budgétaires à la RDC par la conclusion au préalable d’un accord formel avec le pouvoir en place, la Banque mondiale n’est pas de cet avis. « On discute sur la possibilité d’accorder des appuis budgétaires à la RDC », a rassuré le chef de la délégation de l’équipe de la Banque mondiale, de passage lundi au ministère des Finances.

A noter que la réunion du lundi au ministère des Finances a également permis à la Banque mondiale de faire le point sur son accompagnement dans les réformes engagées au sein de l’administration publique. Il convient de noter que depuis 2002, la Banque moniale est très active en RDC.

Au moment où ses experts discutent à Kinshasa avec des officiels, le chef de l’Etat Félix-  Antoine Tshisekedi négociait lundi à Washington, au siège de la Banque mondiale, sur la possibilité d’accroitre le portefeuille de la Banque mondiale en RDC dans des secteurs vulnérables, sans oublier l’éradication de la maladie à virus Ebola. Dans ses discussions, le chef de l’Etat était accompagné, en dehors du ministre des Finances, Sele Yalaghuli, de quatre autres gouverneurs de provinces, dits vulnérables, notamment l’Ituri, le Nord-Kivu, le Kasaï Central et le Sud-Kivu.

LP

One thought on “Toilettage du projet de budget 2020 : le FMI et la Banque mondiale multiplient des contacts à Kinshasa

  1. C’est le budget qui va donner vie à la vision du gouvernement congolais. Arrêtons de bâtir notre croissance économique et sociale sur des prêts coûteux de la Banque Mondiale, du FMI ou autres organisations internationales. Le Québec, une province canadienne de moins de 10 millions d’habitants, qui n’a pas autant de richesses naturelles et minières que notre pays, mais mieux organisé que nous, a prévu, en dollars canadiens pour 2019, des revenus de l’ordre de 115,6 milliards contre des dépenses de 113 milliards.
    En dressant le portrait des finances publiques congolaises, les experts congolais s’entendent pour affirmer que les évasions fiscales créent un manque à gagner de 15 milliards de dollars USD chaque année. Le grand remède à cette situation pour pouvoir présenter un budget à la taille du grand Congo est d’améliorer et renforcer tous les mécanismes de recouvrement des recettes de l’État tout en sanctionnant de manière impartiale, conformément à la loi, tous les crimes économiques passés, présents et à venir, sans ambiguité sur leur nature: vols, corruption, fraudes, rétro-commissions, détournements…

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