Rébellion contre la craie

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Comme une rivière indolente à la recherche d’un passage forcé à travers monts et vallées, la rébellion – oui, la rébellion ! – de quelques écoles du réseau d’enseignement conventionné catholique contre la gratuité de l’enseignement fondamental est à la recherche d’un allume-feu pour déclencher un incendie.

Personne, ni en haut lieu parmi les heureux profiteurs de «leur prise en charge» par les parents pris en otage, ni dans la sphère des Hauts d’en haut qui gardent un œil braqué ailleurs, personne, disions-nous, n’entrevoit ce que cette rébellion peut occasionner au pays.

Déjà, on l’a vu dans certaines villes, à l’incivisme des instits cathos a répondu la colère civilisée des parents d’élèves. À Bukavu, la messe n’a pas été dite dimanche passé. Tout simplement parce que les parents, non contents de la rébellion des enseignants catholiques, ont voulu impliquer la hiérarchie épiscopale dans la recherche de la solution au bras d’argile que veulent s’offrir les rebelles.

À Kinshasa, la grève des enseignants du Groupe scolaire du Mont Amba a poussé les enfants à exiger la reprise des cours, quitte aux enseignants d’adresser leurs revendications à leur unique employeur : l’État. Il serait ainsi naïf de croire que seuls les élèves sont de cet avis. Tout comme l’esprit serait borné de penser que les rebelles bénéficieraient du soutien de l’Unesco, de l’Unicef, ou des autres partenaires du gouvernement.

Question, enfin, aux rebelles du réseau des écoles conventionnées catholiques : la gratuité de l’enseignement de base est-elle «une promesse de campagne» de Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo ou une prescription constitutionnelle ?

Un conseil : ne jouez pas avec le feu. Les parents d’élèves de toute la République souhaiteraient aujourd’hui que les pyromanes périssent avant l’extinction de l’incendie qu’ils tentent de provoquer.