Crash de l’Antonov 72 : Un mystère sécuritaire pour Félix Tshisekedi

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L’énigme reste encore entière sur le crash, le jeudi 10 octobre 2019, d’un avion cargo Antonov 72 affrété par la présidence de la République. Jusque-là, les conditions de cet accident n’ont pas été élucidées. À bord de cet avion, quatre membres d’équipage et quatre autres faisant partie du personnel civil et militaire de la ceinture du président de la République. De go, une cellule de crise a été mise en place pour faire toute la lumière sur ce crash. En attendant les conclusions de cette enquête, rumeurs et supputations sont allées dans tous les sens.  Aux dernières nouvelles, relayées essentiellement par la radio Top Congo, on annonce la découverte, dans le territoire de Kole,  province du Sankuru, d’une épave d’avion qui  serait celle de cet Antonov 72. Dans le fond, ce crash pose le problème de sécurité pour le chef de l’État Félix Tshisekedi.

Le Potentiel

Encore un crash sur le ciel congolais. Le jeudi 10 octobre 2019, un avion cargo, de type Antonov 72, parti de Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, avec à son bord quatre membres d’équipage et quatre membres du personnel militaire et civil, n’est pas arrivé à sa destination finale, à savoir Kinshasa. D’après le communiqué de l’Autorité de l’aviation civile de la RDC (AAC), la tour de contrôle a perdu tout contact avec l’aéronef, 59 minutes après son décollage. Pour un avion qui jouit d’une autonomie de vol de 6 heures, l’AAC a confirmé sa disparition jeudi soir, sans autres commentaires de sa part.

Il y a cependant une certitude : l’Antonov 72 affrété par les Forces aériennes de la RDC a bel et bien crashé quelque part sur sa trajectoire entre Goma et Kinshasa. Si l’avion était destiné à un vol commercial, l’accident pouvait bien passer inaperçu. Mais, pour ce cas précis, il s’agit d’un avion affrété par la présidence de la République, ayant à son bord le véhicule blindé du président de la République, son chauffeur de service et ses gardes rapprochés. Ce qui donne à cet accident toute son ampleur. En réalité, c’est le cœur du pouvoir qui est touché. À son retour, jeudi soir à Kinshasa, le président de la République est paru très abattu. La première dame, Denise Nyakeru, n’a pas non plus caché ses peines. Le couple présidentiel était traumatisé.

Après cet accident, les interrogations fusent de partout. C’est l’AAC qui a été la première à livrer l’information, sans jamais donner les premiers indices de la cause exacte de ce drame. 24 heures après, soit le 11 octobre 2019, une cellule de crise mise en place à la présidence a, dans un communiqué diffusé le même jour, brouillé davantage les pistes, laissant l’opinion publique dans le désarroi.

Quatre jours après cet accident, on ne sait donc pas dire avec exactitude ce qu’il s’est passé. Selon Top Congo, qui cite des sources locales de la province du Sankuru, une épave d’avion accidenté a été découverte dans un village situé à environ 80 km du territoire de Kole. Aucune source officielle n’a encore confirmé cette information. On sait néanmoins que le gouvernorat du Sankuru a alerté les autorités officielles, proches de l’enquête, pour explorer cette piste.

Entre Kasese, dans le Maniema, et Kole, dans le Sankuru, on se retrouve en face de deux pistes présentées comme probables endroits du lieu de crash de l’Antonov 72 affrété par la présidence de la République. Désemparée, l’opinion ne sait plus à quel saint se vouer. Elle craint que l’enquête sur cet accident ne révèle pas ce qu’il s’est passé exactement, après le décollage de cet Antonov, le 10 octobre 2019, depuis l’aéroport international de Goma.

La sécurité de Fatshi mise en cause

Quoi qu’il en soit, ce crash a quelque chose de particulier. Il  a touché le cœur du pouvoir d’État. Raison de plus pour qu’on fasse toute la lumière sur les causes exactes de cet accident. L’opinion a le droit de savoir – pour autant que c’est la sécurité du président de la République qui est mis en cause.

En attendant la version officielle des faits, on sait qu’à bord de cet avion  cargo, il y avait, outre le véhicule officiel du président de la République, son chauffeur de service et trois gardes rapprochés.

Pour toutes ces raisons, il ne faudrait pas que cette enquête se termine comme bien d’autres, c’est-à-dire en eau de boudin, sans que l’opinion ne découvre la vérité sur ce qu’il s’est réellement passé.

Les techniques modernes ont révélé qu’il y a moyen de reconstituer les faits qui ont amené à cet accident. Pour l’instant, la priorité est de repérer l’épave exacte de l’avion, avant d’entreprendre la recherche des boites noires qui serviront d’autopsie pour comprendre les causes exactes de l’accident. À en croire le communiqué de l’AAC, on sait que le pilote, deux ressortissants de l’Europe de l’Est, ne sont pas rentrés en contact avec la tour de contrôle la plus proche, probablement celle de Goma, le lieu de départ, pour signaler une anomalie technique. Ce qui rajoute un peu plus au mystère qui plane autour de ce vol.

À tout prendre, la cellule de crise, créée à cet effet, a un rendez-vous avec l’histoire. Elle a l’obligation de faire toute la lumière sur ce qui a précipité la chute brutale de cet Antonov 72. Il y va de la sécurité du président de la République. Objectif : que pareil incident ne se répète plus.