RDC : LA SOCIÉTÉ CIVILE S’INSURGE CONTRE LES MESURES AMERICAINES RELATIVES A L’EXPLOITATION ARTISANALE DE L’OR

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La société civile congolaise dans sa diversité monte au créneau pour dire non à la décision de l’autorité douanière et de protection des frontières des États-Unis d’Amérique qui, depuis un temps, a pris des mesures de restriction à toutes les sociétés américaines ou autres qui importent de l’or artisanal en provenance de la RDC. Cette décision oblige à ces sociétés de se rassurer, avant toute exploitation, que cet or n’est pas extrait dans des conditions de travail forcé.

Melis BOASI, Correspondant à Goma

Pour les acteurs de la société civile, venus de neuf provinces de la République démocratique du Congo (RDC) réunis à Goma (Nord-Kivu), et qui interviennent dans la gouvernance du secteur minier de l’Est de la RDC, les mesures liées à l’exploitation et la commercialisation de l’or artisanal de la RDC prises par les autorités américaines sont « partiales et discriminatoires ».

« Aujourd’hui, le contexte est tel que la volonté du Gouvernement congolais est de poursuivre avec l’effort de l’assainissement du secteur de l’exploitation artisanale de l’or. Par conséquent, cet embargo n’a plus sa place d’être », a indiqué Espérance Kwaza Navonga de la société civile du Bas-Uélé qui a lu la déclaration finale issue de cette rencontre de Goma.

au nom de tous ces acteurs présents, elle a relevé que la RDC a déjà domestiqué et mis en œuvre tous les instruments régionaux et internationaux, relatifs à l’intégrité de la chaine d’approvisionnement en minerais responsables. Espérance Kwaza Navonga souligne par ailleurs que, la mesure des autorités américaines de douane va décourager les efforts entrepris dans la mise en place des chaines d’approvisionnement responsable de l’or qui conduit à un embargo et qui priverait les communautés locales des moyens de subsistance d’une part. Et cela, ajoute-t-elle, va exacerber à la fraude et à la contrebande minière transfrontalière d’autre part.

« Nous demandons donc la levée pure et simple de cette mesure par les autorités américaines et soutenons le gouvernement congolais à éradiquer le travail forcé dans le secteur artisanal de l’or, pour que cela contribue à la croissance économique de la RDC », conclut la déclaration de la société civile.

Pour sa part, Brigitte Bashala Mubuya, coordonnatrice nationale de la Dynamique des femmes des mines, cette mesure profite aux pays voisins qui exploitent illégalement de l’or de l’Est de la RDC et qui se disent être les premiers exportateurs de cet or artisanal, juste parce que la RDC subit cette sorte d’embargo. « Les femmes sont également victimes de cette mesure car, elles se retrouvent nombreuses dans les milieux artisanaux où l’or est exploité, alors que cela constituait leur moyen de survie. Il est temps que la mesure soit revue », souligne-t-elle.

Cette rencontre a été organisée par l’Observatoire de la société civile congolaise pour les minerais de paix (OSCMP), en collaboration avec IMPACT-RDC, dans le but d’analyser le contexte international relatif à l’exploitation et à la commercialisation de l’or artisanal en République démocratique du Congo.

Les acteurs de la société civile des provinces du Nord-Kivu, Sud-Kivu, Haut-Uélé, Bas-Uélé, Maniema, Tshopo, Tanganyika, Ituri et Kinshasa ont été représentés lors de cette rencontre.