Reddition des comptes 2018 : des appels à sanctionner des fautes de gestion du gouvernement Tshibala

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L’examen du projet de loi de reddition des comptes de l’exercice 2018 à l’Assemblée nationale révèle non seulement des dépassements des dépenses, mais aussi l’exécution des dépenses non prévues dans le budget. En réaction, Henri-Thomas Lokondo plaide pour que des sanctions exemplaires soient appliquées contre ces fautes de gestion.

Pitshou Mulumba

L’Assemblée nationale a déclaré recevable le projet de reddition de comptes pour l’exercice 2018. Au cours de la plénière du samedi 16 novembre, le ministre des Finances Sele Yalaghuli a répondu aux questions des députés. Ainsi, reçu le projet de loi a été envoyé à la commission Économique et financière qui dispose d’un délai de sept jours pour l’examiner.

Voté en équilibre tant en recettes qu’en dépenses, à plus de 6 milliards de dollars, le budget du pouvoir central a été exécuté à hauteur de plus de 5 milliards de dollars en recettes, soit 88,90%. À en croire le ministre des Finances, ce budget a été réalisé à 91,15% en dépenses par rapport aux prévisions, soit plus 150 millions de dollars de dépassement empruntés à la Banque centrale du Congo.

Entretemps, le débat sur ce texte a été révélateur de plusieurs dérapages de gestion, regrette le député Henri-Thomas Lokondo. L’élu de Mbandaka plaide pour que des sanctions exemplaires soient appliquées contre ces fautes gestion.

« C’était pour moi, un plat réchauffé. Toutes les années, la même chose. On constate la faible mobilisation des recettes, des dépassements des dépenses, etc. Et cette fois-ci, la Cour a encore une fois constaté que le gouvernement a violé l’article 10 de la loi sur les finances publiques de l’Etat parce qu’il a exécuté des dépenses non prévues dans le budget à hauteur de 754 milliards de Fc. Et la Cour elle-même s’en remettait à l’autorité budgétaire que nous sommes, pour que nous puissions sanctionner des fautes de gestion. Il faut qu’il y ait des sanctions rigoureuses et exemplaires », a-t-il réagi.

Pour sa part, le député Christian Mwando a accusé le gouvernement de l’ancien Premier ministre Bruno Tshibala de détournement.

« Il y a 1406 projets qui ont été votés. Sur ces projets qui valent 1 600 000 000 USD, peu des projets ont été exécutés à une valeur de 1 672 000 USD soit 1%. 1173 ont eu zéro exécution. 44 projets ont été exécutés sans crédit à hauteur de 467 000 000 USD, il s’agit donc d’un détournement des crédits. 75 projets ont été budgétisés et ont payé 4 fois le prix. Il s’agit donc d’un vol qualifié parce que les projets n’ont pas été prévus à cette hauteur. Mme la présidente, je ne vais pas m’étendre plus loin. Voilà déjà 500 000 000 USD qu’on doit nous justifier. Je vais aller à un autre élément simple. Il s’agit de fourniture et petits matériels des bureaux, prévisions 89 000 000 USD, liquidation 131 000 000 USD et paiement 247 000 000 USD. Vous avez déjà là près de 650 000 000 USD détournés. Il s’agit donc ici de ne pas accepter de donner le quitus à un gouvernement qui nous doit plus de 650 000 000 USD », a expliqué Christian Mwando.

L’élu de Kalemie sur la liste de Groupe 7 (G7) et membre du groupe parlementaire MS-G7 plaide pour la mise en place d’une commission d’enquête afin que des poursuites soient engagées contre les présumés « auteurs » de ce présumé détournement.