BENI : RETOUR AU CALME AU LENDEMAIN DES MANIFESTATIONS ANTI-MONUSCO QUI ONT FAIT 3 MORTS

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Depuis jeudi 21 novembre 2019, des manifestations sporadiques rythmées par des tirs à balles réelles, à gaz lacrymogène ou encore de sommation, ont secoué la ville de Beni (Nord-Kivu). Le lendemain de cette journée, des jeunes ont pris d’assaut la base de la mission onusienne à Beni, située au quartier Boikene où sept civils ont été assommés à l’arme blanche.

L’objectif des manifestants est de contraindre la Monusco à quitter le grand Nord-Kivu parce que, jugée « inefficace et inactive » face à la mort des civils dans la région de Beni. Jusqu’à très tard la nuit du même vendredi, des manifestations s’intensifiaient dans plusieurs coins chauds de Beni.

Le samedi 23 novembre qui a marqué le 4ème jour sans activités à Beni, de nouveau très tendu. Les manifestants qui ne jurent que par le départ des casques bleus ont encore déferlé dans les rues, barricadant la voirie, allumant du feu par endroit et paralysant ainsi que toutes les activités. Au cours de leur procession, ces derniers ont tenté d’accéder en vain aux installations de la Monusco, empêchés par les services de sécurité qui ont même tiré à balles réelles. Et la matinée entière, des balles crépitaient dans plusieurs coins de la ville de Beni.

Pour les manifestants, il n’est pas question de baisser la garde avant d’obtenir gain de cause. « Nous voulons vraiment que la Monusco sache bien que la population ne l’aime pas, suite à son inefficacité et son inaction. La Monusco ne fait que circuler et ne veut pas faire sa mission, celle de la protection de la population et ses biens. C’est pourquoi, nous la population de Beni, nous appelons le gouvernement congolais à rompre avec la Monusco. Il y a beaucoup de choses qu’elle n’a pas faites », a laissé entendre un des manifestants.

Malheureusement, au cours des accrochages du samedi dernier, le sang a coulé. Trois morts ont été signalés de ces altercations entre civils et services de l’ordre. D’abord Muhindo Kanzogha, militant du mouvement citoyen Lutte pour le changement (LUCHA) qui a été touché par balles avant d’aller rendre l’âme à l’Hôpital général de Beni. Ensuite, deux policiers ont succombé à leurs blessures. La police locale dénombre également dans ses rangs, onze blessés à coup de projectiles lancés par les manifestants. En plus, au moins six autres civils sont admis à l’hôpital pour des soins d’urgence.

De son côté, la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (Monusco) dit redouter des attaques contre, l’empêchant de prévenir ou de réagir aux massacres. Face à cette tension qui monte dans les villes de Beni et Butembo, le chef de bureau de la Monusco a affirmé comprendre la frustration de la population par rapport à ce qu’elle subit.

Cependant, il regrette que leurs installations, leur personnel ainsi que leurs engins soient visés par les manifestants. Il estime que cela ne leur permet plus d’agir librement pour prévenir d’autres probables attaques.

La Monusco prête pour des opérations mixtes avec les FARDC

Pour tenter de désamorcer la crise et apaiser les ardeurs d’une population surexcitée contre la Monusco, une autre réunion conjointe entre, d’un côté le gouverneur Nzanzu Kasivita qui séjourne à Beni, les membres du conseil provincial de sécurité, le commandement des opérations Sokola1 et, de l’autre, les responsables de la Monusco, le commandant de la Brigade d’intervention de la Monusco, a été tenue samedi 23 novembre à Beni.

Plusieurs dispositions et mesures drastiques ont été peaufinées pour la protection des civils contre les atrocités des terroristes. A l’occasion, le chef de bureau de la Monusco a garanti que les casques bleus vont désormais mener des opérations  conjointes avec les FARDC et la police pour la traque des djihadistes ADF. Mais aussi, elle devra renforcer des patrouilles mixtes avec les services de sécurité sur l’ensemble de la région de Beni afin de parer à toute éventualité.