RDC : GOMA VERS UN SOULÈVEMENT POPULAIRE

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Ce sont des signes qui ne trompent pas. Depuis près d’une semaine, les  manifestations  aux allures inquiétantes ne cessent de s’accentuer dans les rues de Goma. On assiste à des accrochages farouches entre les éléments de la police et les manifestants, faisant des blessés, des morts et autres interpellations du côté de ces derniers.

Selon les manifestants, leurs actions consistent à compatir avec la population de Beni, victime des tueries à répétition causées par les présumés rebelles ougandais ADF-NALU.

Ce vendredi 29 novembre, suite à l’appel de la société civile de Goma (Nord-Kivu), une ville morte a été observée à Goma où toutes les activités ont été paralysées dans les 18 quartiers que compte le chef-lieu de la province du Nord-Kivu. Pour la société civile de Goma, ce qui se passe à Beni ne devrait pas laisser indifférents les Gomatraciens qui s’allient à la cause, en interpellant les autorités politico-militaires à intervenir d’en finir avec cette situation qui perdure depuis plus de deux décennies dans cette partie du pays.

Dans le quartier Majengo, un des quartiers populaires de la ville de Goma, l’on assiste quotidiennement à des barricades des voies publiques par la population. Ce même vendredi, des manifestations ont été observées dans plusieurs coins de la ville. Les habitants du quartier Katindo ont barricadé la route Goma-Sake avec des grosses pierres, affirmant se joindre à la cause de ceux de Majengo. De l’avis de certains analystes, ceci porte à croire que tout Goma sera dans la rue les jours avenirs et la ville risque de s’embraser.

La Monusco dans le viseur

Les militants du Mouvement citoyen « Lutte pour le changement (LUCHA) » ont également manifesté ce vendredi dans les rues de Goma, dans le périmètre de la base de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation de la RDC (Monusco). Ils appellent les casques bleus de la Monusco à quitter le sol du Nord-Kivu qui, d’après eux, ne jouent aucun rôle dans la traque des rebelles.

Les étudiants des Universités et Instituts supérieurs de Goma se sont joints aussi aux manifestants en suspendant les cours, avant de manifester à travers une marche qui a été dispersée par la police. Selon les informations de la cellule de communication de la Lucha, trois de ces militants ont été interpellés par la police.

Pour rappel, le mardi 26 novembre, le parlement des jeunes de la province du Nord-Kivu s’était prononcé au cours d’un point de presse, appelant à une journée sans circulation des véhicules de la Monusco dans les rues de Goma, le lundi 2 décembre prochain.

Les sources concordantes affirment qu’il y aurait un groupe de jeunes rebelles locaux appelés « Mai-mai » qui seraient en préparation d’un soulèvement, le même lundi 2 novembre, pour en découdre définitivement avec les forces onusiennes.

Adrien Syasemba, député provincial de Goma, appelle cependant le Gouvernement provincial à suivre de près cette situation qui risque de dégénérer. « Déjà l’insécurité est récurrente à Goma et cette situation risque de s’empirer. J’appelle aussi la population à manifester sans casse, car le droit de manifester est reconnu par la constitution », a-t-il déclaré.

Par ailleurs, aucune déclaration officielle n’a été entendue jusque-là du côté de l’exécutif provincial sur toutes ces manifestations. A noter que, plusieurs écoles de la ville de Goma ont fait retourner ce vendredi les élèves à leur domicile en attendant que la tension se calme.

La psychose reste manifeste dans le quotidien des Gomatraciens qui appellent les autorités à tenir compte de la volonté du peuple.

Melis BOASI, Correspondant à Goma