MASSACRES À BENI : LE DÉPUTÉ JEAN-BAPTISTE KASEKWA POUR LA RELÈVE DES OFFICIERS ET TROUPES MILITAIRES

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Ceci figure parmi les pistes de solution que propose cet élu national de la ville de Goma qui a séjourné du 27 Novembre au 1er décembre à Oicha, en territoire de Beni. Ici, il s’est imprégné de la réalité du terrain qu’il juge « très préoccupante » pour des populations civiles, victimes de ces atrocités causées par les rebelles ADF-NALU.

Ces pistes de solution sont contenues dans une lettre datant du 3 décembre 2019 qu’il adresse au Chef d’État-Major Général des Forces armées de la République Démocratique du Congo en lui rappelant sa promesse ferme faite à la population du territoire de Beni sur l’ultimatum de la fin de la guerre contre ces rebelles ougandais ADF qui, selon le chef d’État-major général des FARDC, devrait prendre fin d’ici le 15 décembre de cette année en cours.

« J’ai voulu rappeler au chef d’État-Major général que la matérialisation de son message adressé à la population de Beni, le 29 novembre 2019, n’est possible que si on relevait des officiers et troupes militaires présents dans la région de Beni, en les mutant en dehors de cette région. Car, ils y ont fait longtemps et sont aujourd’hui pointés du doigt par la population civile comme étant des complices et passifs face à cette guerre qui tue des civiles tous les jours », indique Jean-Baptiste Kasekwa.

Alors que le chef d’État-major général des FARDC avait, à travers cette adresse faite à Beni, démontré que la dénonciation par la population civile de tous les suspects qui vivent à leurs côtés fera fuir de soi l’ennemi et mettra automatiquement fin à cette guerre asymétrique. Le député Jean-Baptiste Muhindo Kasekwa suggère que cette démarche du chef d’état-major général de l’armée congolaise devrait d’abord s’appuyer sur des problèmes vécus au sein du commandement militaire et qui sont dénoncés par la population.

« En date du 30 août 2019, devant 17 députés Nationaux ressortissants de la région qui séjournaient à Beni, la population a démontré que la plupart des officiers exprimaient le manquement grave au règlement militaire en vigueur au pays. Ces militaires n’interviennent pas lors des attaques et tueries des populations perpétrées non loin des positions FARDC et c’est très  grave », dit-il.

Le Business, préoccupation des officiers FARDC

À lui de poursuivre dans sa lettre que selon les témoignages recueillis près de la population sur place à Beni, les officiers FARDC sont plus impliqués dans l’affairisme que dans la défense nationale en s’adonnant à l’exploitation et à la commercialisation du Bois et à la récolte de cacao dans les champs abandonnés par les populations fuyant la guerre.

« J’appelle le Chef d’État-Major général à se référer à la sagesse biblique en ôtant d’abord la poutre de son œil c’est-à-dire au sein du commandement militaire avant d’ôter la paille de l’œil de la population de Beni. Il y a des actions à faire en amont et en aval », renchérit-il.

Une situation alarmante

« J’ai assisté personnellement à l’enterrement de 27 victimes des massacres atroces en cours dans la région de Beni. Dans  l’intervalle seulement de 21 jours, soit du 9 au 30 novembre 2019, on a enregistré un bilan macabre de 109 personnes sauvagement tuées. La situation nécessite des solutions urgentes en passant nécessairement par la permutation des troupes et officiers militaires qui doivent quitter complètement la région de Beni et être remplacés par d’autres et non une simple permutation d’une localité à une autre dans la même région comme on le constate aujourd’hui », fait savoir cet élu national de Goma.

Il signale en outre dans cette même lettre, que le fait pour la population civile de manifester contre les forces onusiennes de la Monusco n’est qu’une expression de l’amertume et de la déception de la part de cette population meurtrie et abandonnée.

Jean-Baptiste Kasekwa note que la population a la volonté d’en finir avec ces massacres  à répétition qui sont régulières à Beni depuis 2014, et ça passe ipso facto par le remplacement des troupes et officiers militaires qui doit se faire d’une manière imminente.

« Il faut qu’il y ait également des enquêtes sérieuses afin de comprendre les raisons de la non intervention à répétition des forces armées lors des tueries de la population et un audit sérieux sur l’enrichissement illicite des officiers s’avère également utile car sans cela la guerre ne se terminera pas avant ce 15 décembre comme le souhaite le chef d’état-major général puisqu’il s’avèrerait que certains militaires le font expressément », conclut-il.

À noter également qu’une réunion de sécurité interinstitutionnelle s’est tenue à Goma ce mercredi 4 décembre entre le Gouvernement Provincial et le parlement provincial  pour des solutions urgentes face à ce problème de Beni.

Melis Boasi, Correspondant à Goma