Goma : Le prof Joseph Kitaganya prône le dialogue et l’unité pour booster le développement au Nord-Kivu

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Le Professeur Docteur Joseph Kitaganya, Directeur général de l’Institut supérieur de commerce de Goma (ISC-Goma), prône le sens du « dialogue » et de l’ « unité », une condition sine quâ non pour l’émergence de la province du Nord-Kivu, notamment dans le domaine éducatif, social et sécuritaire face aux enjeux de l’heure. Ainsi, il invite la population du Nord-Kivu à cultiver ces valeurs indispensables pour le développement de la province. Joseph Kitaganya l’a fait savoir à Lepotentielonline.net, au cours d’un entretien lui accordée, vendredi 24 janvier 2020. Il établit également un bilan mi-parcours du déroulement des cours au sein de l’ISC-Goma pour l’année académique 2019-2020 et fait une approche sur l’an 1 de Felix Antoine Tshisekedi à la Présidence de la République démocratique du Congo.

Ci-dessous, l’intégralité de l’interview

Quel est le bilan mi-parcours de l’année académique 2019-2020 ?

À l’ISC-GOMA, l’année avait très bien commencé à la date officielle du 15 octobre 2019. Pendant 3 jours, nous avions réservé la guidance aux nouveaux étudiants, tout en mettant un accent sur les activités que nous avons au sein de cet institut supérieur. Nous respectons depuis le début de cette année, les instructions académiques « 021 ». Certaines promotions ont déjà finit plus de 12 cours et d’autres organisent des pratiques professionnelles souvent aussi sur le nouveau site de l’ISC-GOMA, à Mugunga où les activités n’ont pas totalement débuté. Nous sommes sur la bonne voie car le bilan est positif mais, comme je l’ai toujours dit, le développement et le changement restent un processus. L’idée est que l’ISC-GOMA d’hier, ne soit pas l’ISC-GOMA d’aujourd’hui et comme tel, l’ISC-GOMA d’aujourd’hui ne sera pas celui de demain. Nous visons le meilleur.

Pourriez-vous nous rassurer qu’à l’ISC-GOMA le compromis a été trouvé entre le comité de Gestion et les étudiants sur les frais académiques ?

Dans la logique du dialogue permanent dans les institutions d’enseignement supérieur, tel que recommandé par l’autorité de tutelle, nous avons eu des échanges entre nous et nos premiers partenaires qui sont des étudiants sur cette question. D’ailleurs, si vous observez bien, vous remarquerez qu’à l’ISC-GOMA, il y a certaines promotions qui payent moins que ce qui est même repris dans les instructions académiques. Il est des promotions où l’on paye 160 UDS l’an, et ça ne se fait nulle part. Avec notre système de gestion, tout est calme et sous contrôle comme d’habitude. Les étudiants ont compris notre interprétation sur les instructions académiques « 021 », en ce qui concerne les frais académiques. C’est l’occasion de féliciter tous les chefs de promotion et leurs adjoints ainsi que le comité estudiantin de l’ISC-Goma qui ont facilité la compréhension de notre approche, par rapport à la fixation des frais académiques. Tout se passe bien.

Il y a des bavures et des dérapages observés à Goma causés par des étudiants, quel est le degré de collaboration des étudiants de l’ISC-GOMA avec ceux d’autres institutions sur le comité interuniversitaire des étudiants?

Ce qu’il faut d’abord savoir c’est que ce comité interuniversitaire n’a pas de soubassement juridique. En dépit de cela, comme c’est quand même une initiative pour les étudiants des différentes universités et instituts supérieurs de se réunir entre eux, nous saluons tout de même cela tout en les appelant seulement à respecter l’ordre public. Ça doit être un cadre de réflexion et non de soulèvement populaire car, cela n’honore pas leurs institutions respectives. Par exemple, sur la question de l’insécurité à Beni, les étudiants de Goma avaient  perturbé l’ordre public au cours d’une manifestation dans la ville. Alors qu’ils pouvaient compatir dans la méditation avec cette population meurtrie, en organisant même une messe quant à ce. Nous appelons à la responsabilité de chaque institution pour conscientiser les étudiants afin qu’ils s’inscrivent dans la dynamique du bien et non du mal, tel qu’on l’observe aujourd’hui malheureusement.

Qu’en est-il de 1.000 sacs de ciment promis par le Gouverneur de province, pour relier la route au site de Mugunga ?

Il est visible que le numéro 1 de l’exécutif est trop pris par la question sécuritaire qui touche la province et c’est normal. Nous savons que c’est un Homme de parole et nous osons croire qu’il va réagir pour l’opérationnalisation complète du bâtiment de Mugunga, avec la réhabilitation de cette route. Nous faisons confiance au Gouverneur qui avait pris part personnellement à l’inauguration de ce bâtiment et nous croyons que sa promesse sera réalisée.

En tant scientifique, quel bilan faites-vous de l’an 1 du président Felix Antoine Tshisekedi à la tête du pays?

Il est aussi trop tôt pour juger le bilan du chef de l’État mais, il y a quand-même des avancées significatives depuis qu’il est à la tête du pays, en ce qui concerne surtout la gratuité de l’Enseignement de base. C’est vraiment à saluer. Et nous devons savoir qu’on ne peut pas tout changer en un jour. Au niveau de l’Enseignement supérieur, il y a ces instructions académiques « 021 » qui nous guident cette année. Nous osons croire que le Chef de l’État fera mieux dans les jours avenirs et cela dans tous les secteurs.

Selon vous, quelle piste de solution pour l’insécurité au Nord-Kivu?

Aujourd’hui s’il y a insécurité persistante, c’est parce que la responsabilité est partagée. Il y a de ces congolais qui restent impliquer dans ce jeu d’insécurité. Toutes les rébellions qui naissent au Nord-Kivu, de l’AFDL jusqu’au M23 et bien d’autres aujourd’hui, on identifie toujours des congolais dans la manœuvre. Les congolais doivent se désolidariser de ces groupes armés. Nous appelons les étudiants à participer chacun au développement du pays et à s’impliquer pour éradiquer cette insécurité, en prônant l’unité et l’amour. Tous les congolais du Nord-Kivu doivent se mettre ensemble pour que cette  question trouve solution. Et nous croyons qu’un jour, la situation redeviendra calme.

Propos recueillis par Melis Boasi depuis Goma