Mise en garde de l’UDPS au FCC : pas de compromis pour trahir le peuple

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Déficit de sincérité au sein de la coalition au pouvoir FCC-CACH. Chaque sortie publique de part et d’autre résulte des réactions qui traduisent le fossé combien criant entre partenaires au pouvoir. A ce rythme de partenariat en dents de scie, la coalition ne tiendrait qu’à un fil. L’UDPS considère la réplique de la présidente de l’Assemblée nationale, Jeanine Mabunda, qui a menacé de mettre en accusation le président pour « la haute trahison », à la suite des propos du chef de l’État à Londres sur la possibilité de dissoudre l’Assemblée nationale, comme une provocation. Au cours d’une matinée politique animée le samedi 25 janvier à la permanence de l’Union pour la démocratie et le progrès social (Udps) par le secrétaire général de cette formation politique, Augustin Kabuya, c’est une mise en garde sévère qui est faite au Front commun pour le Congo (FCC). À la menace de démettre le chef de l’Etat pour haute trahison, Augustin Kabuya réplique par l’épisode de la «nage ». Allusion faite aux récents propos de Jean-Marc Kabund qui a déjà mis en garde ses alliés du Front commun pour le Congo qui menaceraient de “bloquer” le président Félix Tshisekedi. Le 1er vice-président de l’Assemblée nationale avait haussé le ton dans ce bras de fer en indiquant qu’il ne veut pas que demain, des gens apprennent à nager dans le fleuve Congo. Comme pour parler d’un départ en exil en traversant le fleuve Congo, direction le Congo-Brazzaville.

Pitshou Mulumba

Devant des militants chauffés à blanc à Limete, au siège du parti à Kinshasa, le secrétaire général de l’Union pour la démocratie et le progrès social, Augustin Kabuya, a, au cours d’une matinée politique qu’il a animée, le samedi 25 janvier,haussé le ton dans ce qui apparait comme un bras de fer qui oppose les dirigeants de la plateforme chère à Joseph Kabila au chef de l’Etat Félix Tshisekedi, après son échange avec la diaspora congolaise de Londres.

Augustin Kabuya a « sévèrement » mis en garde le Front commun pour le Congo, (FCC). Le secrétaire général de l’UDPS rappelle que le fait « d’être en coalition ne donne le droit à personne de manquer de respect » au chef de l’État.

Le président est seul redevable devant le peuple

Et sans tergiverser, Augustin Kabuya qui déplore le manque total de sincérité dans le camp de leurs partenaires du FCC, prévient « qu’en cas de mot d’ordre donné par le président de la République, beaucoup d’acteurs politiques de la République démocratique du Congo vont nager. Si le chef de l’État donne seulement un mot d’ordre, les gens vont nager comme l’avait dit Jean-Marc Kabund », areprécisé le secrétaire général de l’UDPS.

Ce terme « nager », déjà employé par le 1er vice-président de l’Assemblée nationale et président intérimaire de l’Udps, Jean-Marc Kabund, fait allusion à un départ en exil par la traversée du fleuve Congo en direction du Congo-Brazzaville.

Tout est clair, pour l’Udps : il n’y aura aucun compromis avec le FCC dans le simple but de trahir la population congolaise. « Nous avons accepté de marcher avec les amis au nom de la paix, mais nous nous sommes rendu compte que ce qu’ils ont fait avec d’autres partis politiques, c’est ce qu’ils veulent faire avec nous ; mais nous, nous sommes UDPS. Nous ne ferons pas de compromis pour trahir le peuple…», a martelé Augustin Kabuya.

Le secrétaire de l’UDPS est également revenu sur la communication de la présidente de l’Assemblée nationale, Jeanine Mabunda, répondant aux propos du chef de l’Etat en rapport avec la probable dissolution de cette institution par le chef de l’État.

« J’ai entendu une maman dire qu’elle est juriste. Mais elle ne connaît pas les notions élémentaires de droit (…). Le président est le seul qui va présenter le bilan, il est le seul qui est le garant (…). », a réagi A. Kabuya. Avant de renchérir : « Le chef nous avait demandé de prêcher la coalition, maintenant ils nous prennent pour des idiots. Ils nous promettent l’apocalypse. Nous allons tout accepter, mais pas ces bêtises. Nous ne sommes pas là pour couvrir les bêtises ». Et de poursuivre : « Félix Tshisekedi n’a pas amené la guerre dans ce pays. Il est le produit du parti politique de la non-violence (…). Mais nous avons constaté qu’aujourd’hui, c’est tout le monde qui peut appeler les journalistes pour blaguer avec le nom du chef de l’Etat. Je ne permettrai plus ça. J’ai entendu un groupe de surexcités  défier le chef de l’Etat sur sa capacité de mettre à exécution sa volonté de dissoudre l’Assemblée nationale en cas de crise persistante. A ces surexcités, je réponds : « S’ils veulent un bras de fer, nous allons en arriver là et ils ne feront rien », a menacé Augustin Kabuya.

Aux révélations fallacieuses faisant de Joseph Kabila, le créateur du CACH-FCC, Augustin Kabuya juge très graves ces propos. Il a réagi en ces termes : « En déclarant ainsi, les partisans de Kabila l’enfonce davantage parce qu’une telle déclaration traduit trop exactement ce qu’était l’intention du régime passé, celle de ne pas organiser les élections en boutiquant des schémas permettant de contourner cette exigence constitutionnelle… ».

Cette matinée politique a également été l’occasion pour le numéro 2 du parti présidentiel d’annoncer qu’une messe d’actions de grâces sera dite, le 1er février prochain, en mémoire de feu Étienne Tshisekedi wa Mulumba.

Affaire passeports, « Shadary a triché »

Au cours de ce rendez-vous politique avec la base, le secrétaire général de l’Udps n’a pas passé sous silence l’affaire Shadary.

Selon les informations démenties par les proches du secrétaire permanent du PPRD, le dauphin de Joseph Kabila à la présidentielle de décembre 2018 a été débarqué de l’aéronef à l’aéroport international de N’Djili alors qu’il devrait voyager avec d’autres cadres du PPRD à destination de Bujumbura (Burundi) sur invitation du parti au pouvoir, le CNN-FDD. Des sources aéroportuaires et des services de la DGM, confirmaient déjà cette information à un des journalistes du quotidien Le Potentiel aussitôt après le scène surréelle de l’aéroport de N’Djili. Les passeports diplomatiques du secrétaire permanent du PPRD et de l’ancien gouverneur du Sud-Kivu, Marcelin Cishambo, ont été confisqués pour usurpation de qualité.

C’est au sujet de cette usurpation qu’Augustin Kabuya a fait sa pique. « La DGM m’a dit que Shadary se promène avec son ancien passeport diplomatique comme vice-Premier ministre de l’Intérieur. Ils m’ont dit qu’en tant que police des frontières, ils l’ont empêché de voyager », a-t-il expliqué aux militants, avant de souligner qu’il s’agit d’une « tricherie ». Le secrétaire général du parti présidentiel ne s’explique donc pas que son collègue du PPRD, sans qualité officielle, soit toujours détenteur d’un passeport rouge.

« Que personne ne vous trompe qu’on lui a ravi le passeport pour des raisons autres que celles sus-évoquées », a martelé Augustin Kabuya.