Nord-Kivu : Au moins 38 morts lors d’une nouvelle attaque ADF à Beni

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La population de la région de Beni devra peut-être encore attendre longtemps pour voir enfin venir la fin des massacres qui les visent depuis plus de 5 ans déjà. En effet, alors que grâce aux opérations militaires menées dans la zone depuis octobre dernier, une accalmie apparente s’y observait déjà, une nouvelle attaque contre les civils a été enregistrée la nuit du mardi à ce mercredi 29 janvier. Et, le bilan est sans appel : au moins 38 personnes abattues viennent de s’ajouter à des milliers d’autres qui ont péri dans les mêmes circonstances, un bilan encore provisoire.

Selon la société du territoire de Beni, l’ennemi a tranquillement opéré dans 2 villages dont principalement celui de Manzingi, situé à au moins 16kms du chef-lieu du territoire. C’est ici où la plupart des civils ont trouvé la mort. Un autre village qui a subi l’attaque est celui de Mebundu.

Le matin du mercredi, les rebelles ougandais ont également pris d’assaut une position militaire basée à Eringeti. Là, un pasteur anglican ainsi qu’un militaire FARDC ont aussi été tué. Ce qui porte à près de 40, le nombre provisoire des Congolais fauchés au cours d’une seule attaque. Les forces vives annoncent que la fouille est toujours en cours en vue de déterminer le chiffre exact des victimes de ces nouvelles tueries. Toutefois, elles indiquent que nombreuses autres personnes sont dans un état critique.

Noëlla Muliwavyo qui regrette que tout soit reparti à zéro informe que la plupart de ces victimes ont été assommées sans secours. La plupart sont de ceux qui ont regagné le milieu après avoir observé l’évolution de la situation sécuritaire couronnée par des victoires successives des FARDC sur les rebelles.

« Il y a eu des attaques dans au moins 2 villages où la nuit, l’ennemi a attaqué les civils et les a tués silencieusement sans être inquiété. C’était à Manzingi  sur la route Oicha Mamove, à 16 km au Nord-Ouest d’Oicha en secteur de Beni-Mbau, groupement Batangi Mbau. Ce que nous déplorons est que l’effectif de nos forces armées est réduit dans cette zone. Le matin d’aujourd’hui, il y a eu incursion des ADF à Eringeti où les ennemis ont attaqué un camp militaire. Nous avons un bilan d’une personne, un pasteur des Anglicans, tué dans son champ et un militaire. La situation est toujours précaire», témoigne l’actrice de la société civile en territoire de Beni.

Il sied de rappeler qu’après près de 30 jours d’accalmie dans la région, les djihadistes avaient de nouveau signé  leur présence à Mayi-Moya, entre mardi et mercredi 22 janvier dernier. Ils y avaient alors ôté la vie à 11 compatriotes. Ainsi le compteur était-il reparti à zéro.

Une menace internationale

Le sang qui coule à Beni et dont les ADF sont auteurs inquiète la sous-région. La Conférence Internationale de la Région des Grands Lacs (CIRGL) dit voir mal la persistance de cette insécurité dans zone en dépit de tous les efforts mis en oeuvre par les autorités congolaises aidées par la communauté internationale.

Dans une mission à Beni la semaine écoulée, la CIRGL a souligné que l’extermination de la population par les ADF ne peut plus être considérée comme une menace congolaise mais bien internationale étant donné aussi la provenance des miliciens qui animent cette rébellion ougandaise.

Colonel Valonza qui était à la tête de la délégation a exprimé la volonté pour tous les pays de la sous-région d’appuyer la RDC dans le processus de restauration de la paix à Beni, car le développement des pays voisins en dépend également.

« Notre mission à Beni, c’est pour chercher et trouver la paix en premier lieu et la sécurité, la libre circulation des personnes et de leurs biens, la confiance entre les États membres de la CIRGL. L’ADF est devenue maintenant une menace internationale. Ils recrutent partout dans les pays des Grands Lacs. Mais, il y aura des solutions. La population de Beni n’est pas abandonnée, la communauté internationale et fondamentalement la région de Grands Lacs est avec eux. Nous allons lutter ensemble et trouver des solutions ensemble », dit-il

Charles M. Bin Kisatiro, correspondant à Beni