Goma : 25 ans au service des malades et nécessiteux, GRAM « se renouvelle pour mieux servir »

Partager
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

« Se renouveler pour mieux servir », est le thème retenu pour la célébration du 25ème anniversaire du Groupe d’accompagnement des malades (GRAM) à Goma, qui coïncide avec la célébration de la journée mondiale des malades, célébrée le 11 février de chaque année.

Au centre Espérance de vie de Goma, situé au Quartier Virunga, siège de cette organisation des bénévoles ; les membres accompagnateurs des malades au sein du GRAM ; les malades et les nécessiteux bénéficiaires des actions sociales de cette organisation ; les partenaires tels que le ministère provincial des affaires sociales et de la santé au Nord-Kivu ont tous assisté à cette cérémonie qui lance le début des activités de ce  jubilé d’argent, à travers une messe dite par Monseigneur Faustin Ngabu, l’évêque émérite du diocèse de Goma.

Un bilan positif des actions à Goma

Pour le Promoteur et initiateur de cette Association, l’abbé Innocent Nyirindekwe, le bilan durant ces 25 ans d’existence de GRAM à Goma, est largement positif du fait que la prise en charge des malades souffrant des maladies chroniques dans cette ville, démunis des moyens de se faire soigner et abandonnés souvent par leurs familles, a été très significative avec des résultats positifs sur terrain.

« Nous avons à Goma plus ou moins 700 personnes qui sont des accompagnateurs bénévoles au sein du GRAM et qui prennent des informations nécessaires dans les 18 quartiers de la ville. Ils, identifient des malades chroniques qui sont stigmatisés le plus souvent par la société et qui meurent à petit feu, sans être accompagnés socialement, spirituellement, moralement ni être amenés dans les hôpitaux pour des soins appropriés. Notre structure a pu, durant ces 25 ans, faire comprendre aux personnes vivant avec le virus du sida, des tuberculeux, des diabétiques, qu’ils pouvaient aussi intégrer la vie socio-économique en dépit de leur état de santé », note-t-il.

À lui d’ajouter que la prise en charge par le Groupe d’accompagnement des malades, en ce qui concerne la scolarisation des enfants de ceux qui meurent de ces maladies chroniques, a conduit à l’obtention de plus de mille diplômes des enfants orphelins durant ces 25 ans, avec au moins 70 diplômes les dix dernières années.

Il signale en outre que les défis majeurs restent à relever, ce qui constitue le leitmotiv pour les 25 prochaines années et appelle au soutien des partenaires tel que le Gouvernement provincial du Nord-Kivu pour atteindre ces objectifs.

« La prévention des maladies reste le grand défi à relever au sein de la société Gomatracienne. C’est bien d’accompagner les malades mais c’est mieux de les éduquer, de sorte à se prévenir des maladies à travers des notions de changement des mentalités et des sensibilisations hygiéniques. Un autre défi majeur c’est la création des centres palliatifs pour suivre de près des malades en phase finale de la vie surtout en travaillant leur côté spirituel », a conclu l’Abbé Innocent Nyirindekwe.

Docteur Fatuma Hassan, ministre provinciale des affaires sociales au Nord-Kivu a, quant à elle, salué le travail abattu par ce groupe d’accompagnement des malades depuis 1995. Docteur Fatuma Hassan prône la création des mutuelles de santé pour un accès facile aux soins de santé de qualité pour tout habitant de Goma et de la province du Nord-Kivu.

Des personnes vivant avec le VIH-sida, des tuberculeux, des diabétiques et bien d’autres malades souffrant des maladies chroniques, ont témoigné leur réintégration sociale et affirment avoir dépassé l’étape de la stigmatisation, grâce aux enseignements reçus des membres de GRAM.

Par ailleurs, cette association des bénévoles qui encadrent et accompagnent les malades à Goma, est également présente dans les territoires de Masisi et de Rutshuru. Elle encadre les malades sans distinction de religion, a précisé Marcel Ajabu Bahati , coordonnateur du Groupe d’accompagnement des malades.

Melis BOASI, Correspondant à Goma